La Bardot aura beau réussi à revendiquer le coeur du beau Serge et de millions d'autres, elle n'en pourra jamais à elle seule revendiquer la perennité de ces deux initiales légendaires.. Certains resisteront, dont moi.. Et B.B. émoussera une autre signification bien plus proche d'une certaine forme de réalité, dans l'univers si inaccessible et elitiste de l'illumination.
.. B.B. s'est matieralisée, a quitté le monde des reves impossibles et des idéaux abandonnés pour endosser une enveloppe charnelle et ainsi prendre forme humaine..
Vivons-nous tous au moins une fois dans notre vie des evenements qui nous offrent cette jubilatoire occasion enfin de trouver un but dans l'existence?? Assurement, non..
D'abord, l'intrusion forcée dans le cyber-espace.. Nonchalemment, une curiosité distante et molle invite à regarder d'un oeil distant, furtif et desinteressé les differentes photographies qui illustrent les messages envoyés par les sites de rencontres.. Un étrange sentiment survient, qui entremele amusement leger et gene sensible.. Cela ressemble parfois à un magasin, un marché aux bestiaux dans lequel le betail est suffisement fourni pour que le boucher puisse choisir le meilleur individu qui puisse fournir la meilleure viande; impossible de ne pas voir le coté révoltant de tout cela, quelque chose de pathétique, de médiocre..
Et puis, il y a aussi l'autre versant, quand apparaissent les yeux..
Le chantre de l'anticonformisme que je suis devenu malgré moi se surprend à entamer, presque par instinct, reflexe, presque fievreusement, une démarche de communication..
Une force invisible qu'on ne peut identifier ni combattre guide mes mains et mes clics..
"Peut-on parler?? Je caresse l'espoir que tu accepteras.."
Les yeux..
Réponse: "Oui, pourquoi pas.."
.. On m'a récemment qualifié de fou, mais de manière douce, rien d'abominable, quelque chose d'inoffensif.... Fou?? Oui, peut-etre.. Probablement.. Mais comment ne pas sombrer dans la folie douce lorsque les Dieux vous gratifient d'une émotion aussi soudaine qu'imprévisible??
Je repense à cette citation de Yafi’î Raoudh al Rayâhîn: "Tu es devenu fou à cause de celle que tu aimes.." J'ai dit: "La saveur de la vie n’est que pour les fous..".
Les yeux..
L'objet de cette folie est un être lunaire, iconoclaste et profondement sensitif.. Multiple, presque incandescent et volubile.. Une richesse complexe qui s'mprègne de l'exploration inconsciente de tous les phénomènes émotionnels qu régissent les fondements de l'humain..
Un paradoxe incarné.. Animé du désir de détruire autant que de construire..
Quelle est cette amertume qui peu à peu ronge son coeur?? Et quelle est cette force invisible qui me pousse à comprendre cette amertume, à la faire mienne et à tenter de l'apaiser??
Les yeux..
D'abord, les mots.. Tendres, doux, ils caressent et rasurent. Ils trahissent les tréfonds d'une âme fragile qui a trop souffert, trop vécu et pas assez à la fois.. Le paradoxe toujours.. Professeur de vie et élève à la fois.. Miroir au féminin et contraire complémentaire.. Accointances, symbiose.. Mais que se passe t'il?? Qu'est-il en train d'arriver?
Les yeux..
La première fois au téléphone, l'unique, l'impression de submerger et d'etre submergé du flot tumultueux de mes paroles, de ses proles, noyé dans les méandres de mes excuses embarrassées, au fond de mes silences écarlates..
Avoir si peur d'être maladroit – et ridicule – alors que la timidité paralyse et que le timbre de sa voix, si lointaine et si proche, engourdit peu à peu, charme subtil… Sait-elle que je suis en fait très réservé, très pudique?? Ces menus signes avec lesquels on jongle, qu'on caresse ou triture me met en transe et me rend téméraire.. Ne plus désirer qu'une chose: entendre sa voix, accoler sa voix à.. ses yeux..
Devenir chroniqueur inconscient, crever du désir profond de tout confier, de se voir confier le cadeau de l'histoire d'une vie tellement normale et tellement plus riche qu'il n'y parait..
Et à chaque subtilisation du temps, ne fût-ce qu'un seul instant, adhérer à sa vie, s'y suspendre.…
Effectivement, quelle folie!!
Est-ce cela le vrai partage des âmes?? Quand les yeux qui parlaient tant laissent la place aux mots??
Est-ce cela aimer par effraction, au risque angoissant d'effaroucher et d'éffrayer?
Il y a plusieurs manières de séduire. On peut "draguer" au sens canaille du terme, on peut attirer une belle jeune fille, doublement aguichante du fait des origines éxotiques, la chasser physiquement, j'allais dire sportivement, en la filant, en la pistant jusqu'à la serrer au plus près.. Comme font tous les autres, par simple appétit, sans profondeur, sans saveur.. Je n'ai jamais été doué à ce sport, je n'ai d'ailleurs jamais voulu l'etre.. Moi, c'est dans les livres que j'ai erré à la rencontre de la sensualité, puisque la lecture est mon vice et mon plaisir, puisque l'écriture appelle la lecture tout comme l'exhibitionniste exige son voyeur.. J'ai ainsi appris l'amour avant le désir..
J'ai épié des heures durant tes trouvailles de style, le souffle des émois, de la maturité jusqu'à la rosée juvénile… J'ai relevé ici et là les menues fautes de syntaxe ébréchant la grammaire mais ciselant la vie, la vie naïve et pure telle qu'elle n'existe que dans les histoires racontées… J'ai pisté, sans les connaître, les émotions les plus autenthiques, jusqu'à ce que je vive les miennes...
j'ai ainsi scruté les amours littéraires et cinematographioques des autres, enviés et maudits, me guidant jusqu'à mes propres amours, m'annonçant l'inexorable septième chapitre qui s'ornerait forcément de mon propre prénom comme au fronton du Temple.
Ce labyrinthe sémantique fut mon initiation, périple tendre, sensuel, odorant, plus calciné que toutes les réalités du monde, parfois souriant comme un val enchanté et un peu austère en même temps, comme la vie qui coule et se déroule et va et vient… Et les jours passent, les nuits aussi, et cette hémorragie secrète, enfouie, et en même temps la béance.. mon aiguillon, mon salut..
B.B. saigne de cette hémorragie.. N'est-pas cela la veritable signification d'une Rencontre?? lorsque tous les autres voient une peau satinée, l'un entrevoit une plaie.. Une plaie qui raconte la perdition dans son celibatorium morose entrecoupé d'accidents qu'elle qu'elle regrette souvent aussitôt, ineluctablement, besoin d'enluminer son âme, de calligraphier sa grisaille de vie même si cette tendresse (je n'ose pas dire amour, pas même amitié) n'est qu'une émotion virtuelle, une sorte de fiction romanesque et délirante, bouteille à la mer sans véritable destinataire... Et dans cette recherche éperdue, le paradoxe est toujours eperdument vivant.. Dans la recherche de l'absolu, la bienveillance qui se présente est punie, condamnée, sanctionnée, chassée.. Comme pour dire: "tu m'as laissé souffrir des années durant.. comment as-tu pu??"
Tristesse.. L'essentiel est que le cœur s'épanche, que le regard redevienne limpide après la fièvre, que demain se pare de vives couleurs, que son oasis refleurisse??
Non pour s'oublier ou bannir la mémoire, mais pour ne pas souffrir inutilement, pour ne pas raviver la plaie de ton mutisme comme on souffle en vain sur des braises mortes.. Pour créer un autre avenir qui adoucira le passé pour le transformer en vécu..
Ma plume me démange, mes mots sont passerelle, semailles, caravelle.. mon cœur est ce trois-mâts qui traverse la mer... Comme je voudrais ce soir trouver dans le silence ces vocables magiques, étincelants comme des gemmes dans le noir, et qui sauraient la séduire, la fasciner, l'appâter…
J'aimerais subrepticement me faufiler en elle, me glisser dans son âme, pour deviner au plus intime ce que elle-même souhaite y lire, ce qu'elle brûlerait de ressentir car sa vie doit redevenir légère à porter et disponible pour le long voyage de ses rêves, pour l'envol de son Moi secret… et son visage grave et mélancolique, son corps ambré que j'ai, pudiquement ou sensuellement, je l'avoue, façonné en mes songes… tout son etre disponible à l'apprivoisement, à la tendresse, au dialecte, à un duo gercé de baisers qui ne seront que doux… "Il faut qu'un cœur se brise ou se bronze.".. Je ne sais plus qui a écrit cela.. Et s'il suffisait qu'elle s'entrouvre d'abord, c'est le 1er cadeau qui me sera offert..
Et puis le corps..
J'ai longtemps cru naïvement que l'amour peut se glisser entre les pages des livres, comme le coffre enfoui dans l'île mystérieuse, que l'amour peut fleurir au bout des yeux, à portée du cœur battant, juste après la dernière page du tout dernier chapitre qu'on tourne fébrilement d'un index impatient… d'étranges vibrations pourraient naître, d'infimes appels d'antennes, mutuel frôlement d'âmes… Et la passion flamboie sans les verres déformants et opaques de la peur, du noir péché.. J'ai rêvé, je me suis égaré: banale est la réalité, point de magie ni dans les mots explicites ni dans les non-dits pudiques. Les relations humaines demeurent épaisses, les signaux du cœur ne se décodent pas aisément… et l'on reste seul, un tantinet ridicule, respectable mais ratatiné, raisonnable et mort-né..
Comment écrire une psalmodie d'amour sans faie peur et sans faire fuir??? à moins de faire le littérateur ou le prédicateur… Ou puiserais-je la force, l'espoir, de semer dans ma nuit ces diamants insensés?? Pourquoi?? Pour qui?
Et tant pis pour la peur et les conventions.. Pour le trésor des sables, ma complainte de gueux, car l'amour est mendiant... Mais qu'importe, grâce à ces gribouillages, ma vie demain embraie, bondit, l'espoir palpite et jongle avec le soleil du sud..
Mais il y a révolte, et je me dois de la passer outre.. Je dois balbutier et dégeler mon silence de mort…..
Ce rêve est ma folie dont elle m'affuble, mais elle est aussi ma rédemption, mon cadeau de vie, mes seules étrennes, et tracer pour elle ces bribes de tendresse, son souffle sur le carreau givré embue mes souvenirs mauvais et dessine l'espoir.. Qu'n me laisse l'avouer: c'est une nuit étrange, d'exode ou de nativité, je ne sais et qu'importe..
Comme il y a très longtemps, à des années-lumière, quand j'étouffais ma honte d'inverti sous ma piété pubère, je sens poindre ferveur, un feu qui me dévore, qui a un goût d'absolu. D'ordinaire, je me méfie par faute de ressentir ces choses, je me bats, mais aujourd'hui, j'accepte… Je viens d'entrebâiller la lucarne de mon âme, j'étouffais trop dans ma carcasse imposante..
une sourde rumeur, Paris appesantie, de si haut invisible, juste une brisure de ciel dans cet hiver rigouraux. Tant mieux: l'infini nous relie.. Ma pensée s'évade et son âme féline s'y faufile.. Et tout à l'intérieur, juste sous les paupières, non, bien plus profond, dans le narthex du cœur, son icône s'incruste: je sonde sa béance, je palpe son mystère..
"La vérité de ce monde, c'est la mort.. La vie n'est qu'une ivresse, un mensonge, c'est délicieux et bien indispensable", a écrit Celine.. Il est temps de quitter la vérité, le pragmatisme pour enfin embrasser ce pourquoi la mort existe: la vie, l'illusion bénie qui pimente et désamorce le tragique.. Jusqu'à la verité alternative: donner la vie..
Un jour, quand elle le désirera très fort, c'est elle qui m'enverra des mots: ce matin-là, ma boîte aux lettres sera un tabernacle.. Et un autre jour, sur les grands boulevards parisiens, nous prendrons un thé à la menthe ensemble.. Face à face, corps à cœur, et elle me parlera de son univers, de sa famille, de ses projets raisonnables et de ses rêves insensés trop longtemp abandonnés, et moi aussi, promis, je lui partagerai ma vie… et enfin, sous cette voix téléphonique que j'ai enregistré dans ma mémoire comme une relique d'affection, un aveu d'outre-tombe, sous ces heures nombreuses et répetées, un nouveau corps modifié et amelioré ressuscitera le tien, enfin, son sourire, son buste, son regard.... Ses yeux......
je vais bientôt conclure, je reprends mes esprits, je vais saborder mon lyrisme de pacotille..
En écrivant cette nuit, je ne postule rien, je ne réclame rien, et surtout pas la clé de son silence. Je m'offre à moi-même un havre de bonheur, quelques bribes de rêve, tapi derrière le treillis des mots.…
Et je l'invite au banquet, grappille ce qu'elle désire, pour elle-même ou pour l'un de ses amants.. Pour moi, c'est gratis, juste cette nuit, un surplus de bonheur…
Mon utopie est d'incarner mes rêves, de tisser patiemment la douce béatitude dont elle devient la trame..Quoi qu'il en coûte, pas après pas... Car chaque oui appelle un autre oui, sans regret, sans répit.. Le repentir est la seconde faute.
Je veux jeter l'aube sacrée. C'est vrai, depuis longtemps, sans oser l'avouer, je ne crois plus au Dieu sadique, lui aussi muet et glacé comme la tombe devant mon désarroi. La foi peut abbatre des montagnes si l'on en croit le proverbe..
Et bien, me voici préparé.. mes outils en main... J'attends que l'on désigne la roche qui subira mon exaltation renaissante..
RL.
15 février 2010 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus
Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre
Barbara..
10 janvier 2010 dans Culture Generale, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
Les concessionnaires automobiles.....
Ils ne ont qu'une bande d'infâmes cuistres boursouflés dans le plus nauséabond des irrespects en ce qui concerne le service dû au client...
Ce ne sont que d'infâmes pourceaux immondes et odorants qui propagandent nos pauvres âmes fletries dans la crédulité...
Une fois le bon de commande et le chèque signés, la gentillesse et la disponibilité des premiers contacts se transforment en peau de chagrin..
Notre candeur emerveillée des premiers temps se retrouve mise à rude epreuve lorsque modifications, erreurs, réparations diverses (véhicule encore sous garantie, cela va sans dire) se manifestent..
Les aimabilités si émouvantes des débuts se meuvent en pédance ahurissante, dédain humiliant destabilisant... ect..
Bref, de véritables voyous qui vous laissent vous décomposer dans un profond désarroi quand vous vous rappellez à leur bon souvenir et manifestez le besoin d'assistance qui s'impose dans ces precises circonstances; hallucinant concept que celui de considerer que nous, pauvres gens naifs, pouvons sans vergogne nous delester de plusieurs milliers d'euros et acquerir un véhicule aussi simplement et désinvoltement qu'une baguette de pain...
les concessionnaires automobiles ne sont que des larves fétides...
Ceci est clair, et qu'on se le dise: Je déteste, je hais, j'éxècre définitivement les concessionnaires automobiles.. Qu'ils entendent mon énorme "MERDE" proféré à leur endroit et qu'il ressentent le plat de ma semelle qui souflette leur envers......
Specialement et tout particulièrement les concessionnaires automobiles Fiat.. Bande d'incapables..
RL.
24 décembre 2009 dans Divers, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
Aaaahh.. Quel infini plaisir de retrouver cette neige qui recouvre le gris habituel du bitume de l'Ile de France!! Quel infinie somptuosité de ressentir cette fraicheur douillette qui s'infiltre par une fenêtre tres volontiers laissée entrebaillée....
Quel frisson délicieux de renifler cette odeur légèrement et fraichement fruitière que celle de l'ambiance enneigée.. Tous ces souvenirs olfactifs qui nous ramenent aux tréfonds de l'enfance, le temps des jeux, de l'insouciance.. Les premiers apprentissages du concept de cycle, de tradition.. Noël, la joie, les vacances, les cadeaux, les couleurs et les lumières qui embellissent les villes pour l'occasion..
Quelle lumineuse beauté de comtempler cette brillance immaculée, pétillante et apaisante, cette sensation étrange de marcher et vivre dans un monde qui ressemblerait à un immense nuage bienveillant...
Quel plaisir également d'admirer le visage des habitants.. Car qu'on le veuille ou non, la neige fait sourire tout le monde, meme succintement..
Pour moi, c'est ça la neige... Le moment que je prefererai toujours à Paris..
Celle qui tombe à cet instant précis semble abondante, et cela me réjouit après toutes ces années durant lesquelles Paris s'est vu privé de son opulent et traditionnel manteau blanc des périodes d'hiver.. Du coup, maintenant, flaner devant les vitrines de Noël retrouve une vraie poésie..
Une apothéose salutaire pour cette atroce année 2009..
RL.
17 décembre 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
Il y avait si longtemps que je n'avais plus écrit un mot sur ce pauvre blog laissé à l'abandon, à cela il y a plusieurs explications plus ou moins légitimes qu'il n'est pas nécessaire d'énumérer ici dans le détail..
Peut-etre une seule pourra l'être: mon manque de loin.. Mon retour d'Asie m'a laissé retrouver la douce France, ce cher pays de mon enfance, mais m'a privé de toute ces choses que je ne trouve pas ici: empathie, solidarité humaine gratuite, condescendance, culture du vrai vive-ensemble.. etc..
Du coup, cette question soulevée depuis quelques semaines sur cette fameuse et controversée "identité nationale" m'intéresse au plus haut point, car dans ce débat demeure tout un tas de questions plus ou moins polémiques sur tout un tas de sujets dérangeants et tabous qui en définitive perturbent absolument tout le monde, que ce soit les français d'origine immigrée ou ancestrale.
Tout le monde en définitive se sent touché, dans le bon sens comme dans le mauvais. Le véritable danger résidera dans le fait de s'obstiner à débattre dans la pensée de son origine ethnique ou religieuse, ou bien dans son clivage idéologique droite-gauche.
J'entends déjà ici et là tous les détracteurs habituels, ceux que le très regretté Philippe Muray appelait les "rebellocrates" qu'ils soient dans la rue ou sur les plateaux télévisés, hurler au scandale, crier au racisme, vociférer la bien-pensance qui s'autoproclame anti-conformiste et qui devient finalement tellement conformiste..
Alors laissons les hurleurs hurler, cessons de nous stigmatiser comme sarkozystes, royalistes, ou je ne sais quoi d'autre, et reflechissons vraiment ensemble à ce que cela signifie vraiment "être français"..
Sur ce blog au bord de la désuétude, je donnerai mon humble point de vue:
On commet actuellement et trop souvent l'erreur d'établir l'origine et la religion dans le débat sur l'identité nationale, c'est tragique. La loi est très claire sur le sujet, la religion est une affaire privée et l'origine ethnique ou raciale n'est pas censée (au moins en terme de législation) différencier les individus au regard de la nationalité Française..
Je crois personnellement que l'on devrait occulter ce débat nominal et se concentrer sur un débat sociétal.
Être français, c'est appartenir à un pays à la population pluri-culturelle sensée se retrouver autour d'une même langue, d'une même culture presque deux fois millénaire, partant de Vercingetorix, la conquête des Gaules par César, La dynastie des Capétiens, Voltaire, Rousseau, la Révolution Française, Napoléon Bonaparte, la République, etc..
Être français, c'est appartenir à une Histoire riche de laquelle découle des traditions, des coutumes, un mode de vie, un modèle de société.. etc..
Être français, c'est comprendre que nous devons tous épouser ce mode sociétal au détriment du fait que nous soyons chrétiens, musulmans, juifs, noirs, blancs, jaunes, etc..
Mais cette vision de la France est, j'en suis conscient, relativement utopique, car elle fait appel à la responsabilité individuelle dans un pays ou la fraude fiscale est la plus répandue..
L'angélisme de cette vision de cette magnifique France ne doit pas nous aveugler dans les méandres de la béatitude sotte.. Il est important d'évoquer des vrais problèmes si l'on veut un jour caresser l'espoir de vivre un jour cette France métissée et heureuse.
L'injure "sale français" se répand dans les cours de récréation, un certain type d'enseignement de la culture Française est de plus en plus refusée par un nombre d'élèves de plus en plus croissants.. En mon nom personnel, cela me pose un vrai problème. Loin de moi l'idée de stigmatiser un certain type d'immigration, mais alors que moi aussi je ne suis pas un français d'origine, j'ai été élevé et éduqué dans l'idée que si mon pays doit être la France, il faut aussi que son histoire devienne en grande partie la mienne.
Je ne trouve pas diffamant et scandaleux de dire qu'avant de se construire, l'identité française se reçoit.. Ce problème, il est impératif de pouvoir le poser sans se faire vilipender de toutes parts par les bien-pensants sourds aux vrais problèmes de la France, et plus généralement du monde..
En fait, après réflexion, il est beaucoup plus simple dans ce débat de rappeler ce qu'est la France.
La France est une Nation. l ne faut pas avoir peur de le dire.. La France n'est pas qu'un ensemble de droits, c'est surtout et avant tout une Patrie adoptive.. à ce titre, cette fameuse identité française existe déjà, il faut seulement dire qu'il faut entamer non pas un programme d'exclusion, mais un programme de pédagogie pour faire accepter cette identité à ceux qui s'obstinent de la refuser..
J'imagine que ce programme pédagogique pourrait s'appliquer à l'égard des français d'origine immigrée, mais aussi aux français racistes qui se disent "français d'origine"..
Ne pas contempler ce débat par la voie de cette réflexion nous conduit inexorablement vers des déviances anti-républicaines qu'il est facile d'identifier: le front national, la burqua.. etc..
Osons nous saisir de ce débat et ouvrons nous à la plus belle des interrogations Spinoziennes: qui sommes nous finalement??
Ce n'est pas en dénonçant les nombreuses et réelles injustices de ce pays que l'on arrivera à élargir l'étroitesse des esprits, mais plutôt en réfléchissant à quelles valeurs collectives nous caractérisent.. Et faire cela, ce n'est pas discriminer, ce n'est pas écarter une indispensable immigration. C'est, bien évidemment, l'associer, la rassembler, l'entendre et la préparer à affronter ensemble les défis majeurs de notre avenir.
Essayons de garder un semblant de raison et la tête froide.. Il y va de l'avenir de ce pays et de notre conception idéaliste du vivre-ensemble si nous voulons toujours que cela ne soit plus un idéal, mais un vrai projet de vie..
RL.
06 décembre 2009 dans Actualité, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3)
La tolerance est le respect, l'acceptation et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. Elle est encouragée par la connaissance, l'ouverture d'esprit, la communication et la liberté de pensée, de conscience et de croyance..
La tolerance est l'harmonie dans la différence. Elle n'est pas seulement une obligation d'ordre éthique ; elle est également une nécessité politique et juridique. La tolerance est une vertu qui rend la paix possible et contribue à substituer une culture de la paix à la culture de la guerre.
Conformément au respect des droits de l'homme, pratiquer la tolerance ce n'est ni tolérer l'injustice sociale, ni renoncer à ses propres convictions, ni faire de concessions à cet égard. La pratique de la tolerance signifie que chacun a le libre choix de ses convictions et accepte que l'autre jouisse de la même liberté. Elle signifie l'acceptation du fait que les êtres humains, qui se caractérisent naturellement par la diversité de leur aspect physique, de leur situation, de leur mode d'expression, de leurs comportements et de leurs valeurs, ont le droit de vivre en paix et d'être tels qu'ils sont.
Elle signifie également que nul ne doit imposer ses opinions à autrui..
r.
28 septembre 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
27 septembre 2009 dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
En ce moment, la période est très étrange.. Beaucoup de travail qui me prend un temps exceptionnel, insolite mélancolie que je gère par des réflexes du quotidien, une sorte de désintérêt pour les choses qui d'ordinaire me passionnent ou me révoltent.. etc..
Alors le soir venant, retrouvant ma chambre d'hôtel après des journées de résidence en vue de préparer un spectacle ou bien en tournée, je relis de vieux ouvrages choisis au hasard dans ma bibliothèque et jetés négligemment dans mon sac de voyage..
Donc, je relis.. Je relis tous des livres qui prennent parfois une saveur inattendue par le prisme de l'humeur du moment, à un point d'être touché différemment par tel ou tel texte..
Et ce soir, ce sont Les Gommes qui me mettent visière du monde..
Dans la pénombre de la salle de café, le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d'eau gazeuse; il est six heures du matin.
Il n'a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu'il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchons, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde a sa place exacte.
Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d'erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu'ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l'ordonnance idéale, introduire ça et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l'hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.
Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d'être déverrouillée, l'unique personnage présent en scène n'a pas encore recouvré son existence propre. Il est l'heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbre où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.
Quand tout est prêt, la lumière s'allume...
L'auteur, Alain Robbe-Grillet, était l'un des leaders d'un mouvement littéraire des années 50 que l'on a appellé Le "Nouveau Roman".. Un modérnisme saisissant dans un livre écrit il y a plus de cinquante ans qui me laisse à penser qu'en définitive, je n'aurai jamais d'une vie pour tenter de comprendre, comprendre dans le sens le plus large du mot..
Alain Robbe-Grillet est mort en 2008 sans avoir vraiment obtenu sa place dans la postéritéé.. à cela aussi, on peut réfléchir..
Alors, moi le blogueur infidèle et traitre à mes lecteurs, je sors de ma tanière que j'espère toujours et encore éphémère pour vous conseiller cet ouvrage intemporel..
Je vous embrasse..
r.
23 septembre 2009 dans Culture Generale, Livres, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
On sait implicitement que les productions artistiques du passé peuvent être considérées dans certaines circonstances comme de simples matériaux désormais "à la disposition" de tous les prétendants à la création artistique, matériaux pouvant être inclus et surmontés dans un processus de production artistique utilisant, plus ou moins consciemment, des procédés, traitant donc les oeuvres dépassées..
En ce sens, les procédés artistiques modernes sont donc avant tout des procédés de distanciation, de mise à distance: distanciation vis à vis de la "réalité" "naturelle" et historique d'abord (caricature, par exemple), distanciation vis à vis des productions artistiques du passé ensuite (parodie, pastiche, collage, montage, détournement, par exemple).
Ce que les imbéciles nomment "art contemporain" n'est rien d'autre qu'un gigantesque processus d'esthétisation généralisé, processus parfaitement débilitant usant précisément de quelques procédés artistiques élémentaires tout à fait repérables et identifiables, processus n'ayant à ce jour été ni entamé, ni distancié, encore moins interrompu.....
Ce sont, notamment, les procédés (les trucs, si l'on veut) d'esthétiseurs de bas étage qu'il convient de publier, de rendre publics.
Par ce que l'assèchement mental et affectif des hommes par l'esthétisation "artistique" du monde constitue désormais le processus le plus prégnant de l'époque. Et par ce que ce processus n'est précisément pas encore problématisé publiquement!!
Au delà, ce n'est évidemment que par un dégonflement définitif de la trucologie "artistique-contemporaine" que l'on autorisera, enfin, l'émergence d'un nouvel étage de pensée, puis de production artistique, celui qu'exige l'époque pour se connaître et se comprendre; comprendre par exemple que la vitrification générale des consciences par l'esthétisation la plus grossière et la plus mécanique n'est pas une fatalité.
Un musée artistique des arts mineurs de notre époque, des procédés artistiques dépassés et de leur dépassement serait donc à la fois:
-un musée des trucs faciles et éculés de l'esthétisation vulgaire (expositions, installations, performances et ainsi de suite) mis ainsi à la disposition de tous, et définitivement publiés et dévalorisés.
-un musée des distances, toujours à inventer, pouvant et devant être prises contre l'art unilatéral automatique et aliéné, autorisant alors l"émergence de la parole demandée par l'époque.
"Il s'agit de réduire un art vulgaire et harassant, atrophiant définitivement les capacités mentales des hommes à la trucologie misérable qui le constitue entièrement.
Il s'agit corrélativement d'autoriser l'émergence de l'art (de la poésie !) exigé par l'époque en restituant la possibilité du rêve, de l'imagination, de l'intelligence aussi, étouffées depuis plus de trente ans par d'innombrables décorateurs réalistiques." (anonyme)
RL.
21 août 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)