On sait implicitement que les productions artistiques du passé peuvent être considérées dans certaines circonstances comme de simples matériaux désormais "à la disposition" de tous les prétendants à la création artistique, matériaux pouvant être inclus et surmontés dans un processus de production artistique utilisant, plus ou moins consciemment, des procédés, traitant donc les oeuvres dépassées..
En ce sens, les procédés artistiques modernes sont donc avant tout des procédés de distanciation, de mise à distance: distanciation vis à vis de la "réalité" "naturelle" et historique d'abord (caricature, par exemple), distanciation vis à vis des productions artistiques du passé ensuite (parodie, pastiche, collage, montage, détournement, par exemple).
Ce que les imbéciles nomment "art contemporain" n'est rien d'autre qu'un gigantesque processus d'esthétisation généralisé, processus parfaitement débilitant usant précisément de quelques procédés artistiques élémentaires tout à fait repérables et identifiables, processus n'ayant à ce jour été ni entamé, ni distancié, encore moins interrompu.....
Ce sont, notamment, les procédés (les trucs, si l'on veut) d'esthétiseurs de bas étage qu'il convient de publier, de rendre publics.
Par ce que l'assèchement mental et affectif des hommes par l'esthétisation "artistique" du monde constitue désormais le processus le plus prégnant de l'époque. Et par ce que ce processus n'est précisément pas encore problématisé publiquement!!
Au delà, ce n'est évidemment que par un dégonflement définitif de la trucologie "artistique-contemporaine" que l'on autorisera, enfin, l'émergence d'un nouvel étage de pensée, puis de production artistique, celui qu'exige l'époque pour se connaître et se comprendre; comprendre par exemple que la vitrification générale des consciences par l'esthétisation la plus grossière et la plus mécanique n'est pas une fatalité.
Un musée artistique des arts mineurs de notre époque, des procédés artistiques dépassés et de leur dépassement serait donc à la fois:
-un musée des trucs faciles et éculés de l'esthétisation vulgaire (expositions, installations, performances et ainsi de suite) mis ainsi à la disposition de tous, et définitivement publiés et dévalorisés.
-un musée des distances, toujours à inventer, pouvant et devant être prises contre l'art unilatéral automatique et aliéné, autorisant alors l"émergence de la parole demandée par l'époque.
"Il s'agit de réduire un art vulgaire et harassant, atrophiant définitivement les capacités mentales des hommes à la trucologie misérable qui le constitue entièrement.
Il s'agit corrélativement d'autoriser l'émergence de l'art (de la poésie !) exigé par l'époque en restituant la possibilité du rêve, de l'imagination, de l'intelligence aussi, étouffées depuis plus de trente ans par d'innombrables décorateurs réalistiques." (anonyme)
RL.
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