Je crois à quelque chose..
Ce n'est pas à la mode ces temps-ci, il est de bon ton de prôner un relativisme systématique, toute croyance un peu robuste étant représentée comme une sorte d'oppression intellectuelle.
Et pourtant, croire au principe qu'on ne doit plus croire en rien, c'est déjà une croyance en soi.. Un peu contradictoire, non? Les vrais oppresseurs intellectuels sont ceux qui démolissent toutes les croyances des autres au nom de ce principe absolu. Je ne leur accorde donc aucune attention, et encore moins un quelconque crédit..
Je crois que le bien et le mal existent, le vrai et le faux, le juste et l'injuste. Je crois aussi qu'on peut les distinguer par l'exercice de la raison, apprendre quelles actions mènent à l'un et à l'autre, et en convaincre ses voisins par l'exercice de la parole.
Enfin je crois qu'il sera possible et nécessaire à terme d'ostraciser ceux qui refusent sciemment de se laisser convaincre, de les mettre hors-jeu, de les exclure aussi longtemps qu'ils persisteront dans leurs erreurs. Il est désagréable et dangereux de fréquenter le mal, le faux et l'injuste.
Si j'aspire à une certaine universalité, cela me contraint à croire en peu de choses. Il faut que ces choses s'appliquent tout autant à un Papou qu'à moi: plus le programme est minimal, plus il sera à même de se diffuser. Il serait ridicule que j'essaie de convaincre tout le monde que le sexe des anges est masculin, je me réduis donc à croire à quelques axiomes de base sur la condition et l'expérience humaine que les gens auront bien du mal à réfuter.
Mon approche est normative plutôt que positive. Le positivisme fonctionne bien dans les sciences de la nature, car la nature se prête à des expériences multiples et répétées. Ces expériences permettent de construire une théorie testable par d'autres expériences. Tôt ou tard, l'une de ces expériences réfutera la théorie. Alors il faudra en construire une nouvelle, et ainsi de suite.
Dans les sciences sociales, humaines et morales, cette approche ne fonctionne pas, l'homme ne se prêtant pas à l'expérience parce qu'il a un libre-arbitre.
Mettez-le dans la même situation deux fois de suite, et il peut très bien décider de réagir d'une certaine manière la première fois, et d'une manière complètement différente la seconde... Rien que pour vous enerver.....
Vouloir importer les méthodes positivistes dans les sciences humaines, c'est considérer les hommes comme des électrons. Il faut donc procéder de manière opposée et fonder une théorie normative précisément sur le fait que l'homme possède le libre-arbitre. Même les Papous seront d'accord qu'un être humain est capable de choisir délibérément ses actions.
RL.
je ne suis pas partisant du principe qu'on ne doit croire en rien mais plutot qu'il est bon d'avoir des convictions en ayant bien conscience que nous ne sommes pas les détenteurs de LA vérité mais de ce que nous pensons "subjectivement" etre notre réalité, notre vision des choses.
On ne peut en effet jamais être sûr de la vérité de nos principes ou de nos idées. Mais pourtant il faut bien agir.
A force d'avoir peur de se tromper, on ne peut guère avancer. Il faut dès lors comme le préconise Edgar Morin, dans "Pour sortir du XXème siècle", faire un choix pour une conviction mais être conscient que notre idée n'est qu'une conviction, qu'elle n'est peut être pas la vérité. En effet, la conviction reste, par définition, subjective. Si elle ne veut pas dialoguer avec le réel, elle devient dangereuse et marque de faiblesse. La conviction qui est choix pour une hypothèse est la force de celui qui préfère agir, même au risque de se tromper. La conviction a conduit les plus grands esprits à accomplir leur oeuvre. La conviction peut donc au premier abord, de par sa certitude, marquait la faiblesse d'un esprit qui ne veut pas voir la complexité d'un monde et préfère se réfugier dans l'unicité d'une idée. Cette conviction est dangereuse, puisqu'elle peut engendrer soit le fanatisme, soit l'immobilisme.
Rédigé par : USMAR | 12 juillet 2009 à 13:41
et bien tu vois bien qu'un débat est possible!! :-)
Rédigé par : Rubens | 12 juillet 2009 à 18:49
Ben moi aussi j'ai un conviction, c'est que les Extra - Terretres sont parmi nous ! ! ! ;-)
Rédigé par : GOLDORAK2010 | 16 juillet 2009 à 22:01
Voilà une saine réflexion sur l'universel et le particulier, la conviction, la méthode scientifique... Pas très détaillée mais presque digne de Karl Popper.
J'en connais un (qui commente la note "dieudonné, encore et toujours") qui ferait bien d'en prendre de la graine :)
Rédigé par : Jean Koong | 22 juillet 2009 à 17:00