... Viens tout juste de terminer le visionnage de Quatre Minutes, dans le cadre des mes nuits d'insomnie galopante qui me menent parfois jusqu'à des heures qui relèvent du translucide, à confondre le jour, la nuit, le sommeil, l'éveil..
Je ne sais pas si le cinéma allemand renait de ses cendres ou si ce sont les distributeurs qui recommencent à s’y intéresser mais l’air de rien, en quelques années, de plus en plus ont débarqué dans les salles françaises, avec quelques chefs d’œuvres mémorables à la clef (la Vie des Autres bien entendu). Avec ce Quatre Minutes au titre mystérieux et qui avait à sa sortie conquis le public et la critique dans tous les festivals, l’inconnu Chris Kraus livre un drame tout aussi convenu que poignant, alternant le déjà vu et l’inédit dans un traitement qui apporte une touche de modernité à l’austérité du film d’auteur… émotionnellement c’est puissant..
Où le schéma est relativement classique, c’est dans cette relation maître/élève entre une vieille sage qui semble porter un lourd secret et la jeune louve indomptable, c’est vu et revu et rerevu, néanmoins le réalisateur réussit par je ne sais quel tour de passe-passe à nous passionner pour leur destin…
Notons que les éléments du passé de Mme Krüger nous sont servis petit à petit par de courts flashbacks bien sentis, loin des longues explications pompeuses.. C’est tout de même surprenant de voir à quel point ce cinéma allemand moderne a toujours tendance à placer la thématique nazie dans ses films, comme si il fallait à tout prix montrer les conséquences sur les nouvelles générations à chaque nouveau drame que l’on filme.. C'est très bien car le pays affronte enfin son passé avec recul et prépare enfin sa révolution culturelle, mais attention à ce que cela ne ressemble pas à un ressort dramatique commun…
Croix pesante de la culpabilité, quete du pardon, absolution… Quatre Minutes brasse des thèmes forts, élimine assez vite ceux liés à la religion et à la foi pour rester du côté humaniste de la chose, avec bonheur et delectation..
De plus il peint de bien belle manière le milieu carcéral des prisons féminines souvent passé sous silence sous l'oppressant poids du tabou, loin des clichés WIP (Women In Prison) mais éperdument réaliste.. Le contraste entre la froideur du décor et la douceur du piano n’en est que plus saisissant..
Les actrices sont magnifiques, Monica Bleibtreu (la soixantaine) bénéficie d’un maquillage bluffant qui la rend absolument crédible dans la peau d’une octogénaire marquée; elle est superbe dans le rôle de ce professeur rongée par un passé sombre, lié aux agissements atroces des nazis envers les minorités..
Mais le film demeure porté par la jeune Hannah Herzsprung, hallucinante dans sa composition de la folie qui camoufle un vide émotionnel fantastique et effrayant. Elle est l’image de l’écorchée prise dans sa spirale d’autodestruction, et qui semble n’en sortir que par intermittence, par la musique..
La mise en scène est surprenante.. Alors qu’on pouvait s’attendre à un style relativement épuré, Chris Kraus se permet pas mal d’effets visuels plutôt bien amenés et virtuoses, même si l'on n’assiste pas là à une démonstration technique de jeune étudiant fraichement sorti d'école de cinéma, il est toujours rassurant de voir que certains savent encore, à l'image des tres grands réaliateurs historiques, équilibrer le fond et la forme.
Et il y a ce final hallucinant et halluciné qui vient justifier le titre.. Une scène de concert débridée, complètement démente, dans laquelle la jeune Jenny fait corps avec son piano et avec la musique.. C’est à la fois magnifique et grotesque, mais d’une puissance visuelle et sonore absolue, complètement étourdissant...
Quatres Minutes nous offre assurement un moment de poésie intense, le questionnement sur le concept de la douleur du parcours de vie, et surtout l’aperçu d’un talent à suivre, capable de marier lyrisme et violence sourde, Chris Kraus..
RL.
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22 février 2010 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
La Bardot aura beau réussi à revendiquer le coeur du beau Serge et de millions d'autres, elle n'en pourra jamais à elle seule revendiquer la perennité de ces deux initiales légendaires.. Certains resisteront, dont moi.. Et B.B. émoussera une autre signification bien plus proche d'une certaine forme de réalité, dans l'univers si inaccessible et elitiste de l'illumination.
.. B.B. s'est matieralisée, a quitté le monde des reves impossibles et des idéaux abandonnés pour endosser une enveloppe charnelle et ainsi prendre forme humaine..
Vivons-nous tous au moins une fois dans notre vie des evenements qui nous offrent cette jubilatoire occasion enfin de trouver un but dans l'existence?? Assurement, non..
D'abord, l'intrusion forcée dans le cyber-espace.. Nonchalemment, une curiosité distante et molle invite à regarder d'un oeil distant, furtif et desinteressé les differentes photographies qui illustrent les messages envoyés par les sites de rencontres.. Un étrange sentiment survient, qui entremele amusement leger et gene sensible.. Cela ressemble parfois à un magasin, un marché aux bestiaux dans lequel le betail est suffisement fourni pour que le boucher puisse choisir le meilleur individu qui puisse fournir la meilleure viande; impossible de ne pas voir le coté révoltant de tout cela, quelque chose de pathétique, de médiocre..
Et puis, il y a aussi l'autre versant, quand apparaissent les yeux..
Le chantre de l'anticonformisme que je suis devenu malgré moi se surprend à entamer, presque par instinct, reflexe, presque fievreusement, une démarche de communication..
Une force invisible qu'on ne peut identifier ni combattre guide mes mains et mes clics..
"Peut-on parler?? Je caresse l'espoir que tu accepteras.."
Les yeux..
Réponse: "Oui, pourquoi pas.."
.. On m'a récemment qualifié de fou, mais de manière douce, rien d'abominable, quelque chose d'inoffensif.... Fou?? Oui, peut-etre.. Probablement.. Mais comment ne pas sombrer dans la folie douce lorsque les Dieux vous gratifient d'une émotion aussi soudaine qu'imprévisible??
Je repense à cette citation de Yafi’î Raoudh al Rayâhîn: "Tu es devenu fou à cause de celle que tu aimes.." J'ai dit: "La saveur de la vie n’est que pour les fous..".
Les yeux..
L'objet de cette folie est un être lunaire, iconoclaste et profondement sensitif.. Multiple, presque incandescent et volubile.. Une richesse complexe qui s'mprègne de l'exploration inconsciente de tous les phénomènes émotionnels qu régissent les fondements de l'humain..
Un paradoxe incarné.. Animé du désir de détruire autant que de construire..
Quelle est cette amertume qui peu à peu ronge son coeur?? Et quelle est cette force invisible qui me pousse à comprendre cette amertume, à la faire mienne et à tenter de l'apaiser??
Les yeux..
D'abord, les mots.. Tendres, doux, ils caressent et rasurent. Ils trahissent les tréfonds d'une âme fragile qui a trop souffert, trop vécu et pas assez à la fois.. Le paradoxe toujours.. Professeur de vie et élève à la fois.. Miroir au féminin et contraire complémentaire.. Accointances, symbiose.. Mais que se passe t'il?? Qu'est-il en train d'arriver?
Les yeux..
La première fois au téléphone, l'unique, l'impression de submerger et d'etre submergé du flot tumultueux de mes paroles, de ses proles, noyé dans les méandres de mes excuses embarrassées, au fond de mes silences écarlates..
Avoir si peur d'être maladroit – et ridicule – alors que la timidité paralyse et que le timbre de sa voix, si lointaine et si proche, engourdit peu à peu, charme subtil… Sait-elle que je suis en fait très réservé, très pudique?? Ces menus signes avec lesquels on jongle, qu'on caresse ou triture me met en transe et me rend téméraire.. Ne plus désirer qu'une chose: entendre sa voix, accoler sa voix à.. ses yeux..
Devenir chroniqueur inconscient, crever du désir profond de tout confier, de se voir confier le cadeau de l'histoire d'une vie tellement normale et tellement plus riche qu'il n'y parait..
Et à chaque subtilisation du temps, ne fût-ce qu'un seul instant, adhérer à sa vie, s'y suspendre.…
Effectivement, quelle folie!!
Est-ce cela le vrai partage des âmes?? Quand les yeux qui parlaient tant laissent la place aux mots??
Est-ce cela aimer par effraction, au risque angoissant d'effaroucher et d'éffrayer?
Il y a plusieurs manières de séduire. On peut "draguer" au sens canaille du terme, on peut attirer une belle jeune fille, doublement aguichante du fait des origines éxotiques, la chasser physiquement, j'allais dire sportivement, en la filant, en la pistant jusqu'à la serrer au plus près.. Comme font tous les autres, par simple appétit, sans profondeur, sans saveur.. Je n'ai jamais été doué à ce sport, je n'ai d'ailleurs jamais voulu l'etre.. Moi, c'est dans les livres que j'ai erré à la rencontre de la sensualité, puisque la lecture est mon vice et mon plaisir, puisque l'écriture appelle la lecture tout comme l'exhibitionniste exige son voyeur.. J'ai ainsi appris l'amour avant le désir..
J'ai épié des heures durant tes trouvailles de style, le souffle des émois, de la maturité jusqu'à la rosée juvénile… J'ai relevé ici et là les menues fautes de syntaxe ébréchant la grammaire mais ciselant la vie, la vie naïve et pure telle qu'elle n'existe que dans les histoires racontées… J'ai pisté, sans les connaître, les émotions les plus autenthiques, jusqu'à ce que je vive les miennes...
j'ai ainsi scruté les amours littéraires et cinematographioques des autres, enviés et maudits, me guidant jusqu'à mes propres amours, m'annonçant l'inexorable septième chapitre qui s'ornerait forcément de mon propre prénom comme au fronton du Temple.
Ce labyrinthe sémantique fut mon initiation, périple tendre, sensuel, odorant, plus calciné que toutes les réalités du monde, parfois souriant comme un val enchanté et un peu austère en même temps, comme la vie qui coule et se déroule et va et vient… Et les jours passent, les nuits aussi, et cette hémorragie secrète, enfouie, et en même temps la béance.. mon aiguillon, mon salut..
B.B. saigne de cette hémorragie.. N'est-pas cela la veritable signification d'une Rencontre?? lorsque tous les autres voient une peau satinée, l'un entrevoit une plaie.. Une plaie qui raconte la perdition dans son celibatorium morose entrecoupé d'accidents qu'elle qu'elle regrette souvent aussitôt, ineluctablement, besoin d'enluminer son âme, de calligraphier sa grisaille de vie même si cette tendresse (je n'ose pas dire amour, pas même amitié) n'est qu'une émotion virtuelle, une sorte de fiction romanesque et délirante, bouteille à la mer sans véritable destinataire... Et dans cette recherche éperdue, le paradoxe est toujours eperdument vivant.. Dans la recherche de l'absolu, la bienveillance qui se présente est punie, condamnée, sanctionnée, chassée.. Comme pour dire: "tu m'as laissé souffrir des années durant.. comment as-tu pu??"
Tristesse.. L'essentiel est que le cœur s'épanche, que le regard redevienne limpide après la fièvre, que demain se pare de vives couleurs, que son oasis refleurisse??
Non pour s'oublier ou bannir la mémoire, mais pour ne pas souffrir inutilement, pour ne pas raviver la plaie de ton mutisme comme on souffle en vain sur des braises mortes.. Pour créer un autre avenir qui adoucira le passé pour le transformer en vécu..
Ma plume me démange, mes mots sont passerelle, semailles, caravelle.. mon cœur est ce trois-mâts qui traverse la mer... Comme je voudrais ce soir trouver dans le silence ces vocables magiques, étincelants comme des gemmes dans le noir, et qui sauraient la séduire, la fasciner, l'appâter…
J'aimerais subrepticement me faufiler en elle, me glisser dans son âme, pour deviner au plus intime ce que elle-même souhaite y lire, ce qu'elle brûlerait de ressentir car sa vie doit redevenir légère à porter et disponible pour le long voyage de ses rêves, pour l'envol de son Moi secret… et son visage grave et mélancolique, son corps ambré que j'ai, pudiquement ou sensuellement, je l'avoue, façonné en mes songes… tout son etre disponible à l'apprivoisement, à la tendresse, au dialecte, à un duo gercé de baisers qui ne seront que doux… "Il faut qu'un cœur se brise ou se bronze.".. Je ne sais plus qui a écrit cela.. Et s'il suffisait qu'elle s'entrouvre d'abord, c'est le 1er cadeau qui me sera offert..
Et puis le corps..
J'ai longtemps cru naïvement que l'amour peut se glisser entre les pages des livres, comme le coffre enfoui dans l'île mystérieuse, que l'amour peut fleurir au bout des yeux, à portée du cœur battant, juste après la dernière page du tout dernier chapitre qu'on tourne fébrilement d'un index impatient… d'étranges vibrations pourraient naître, d'infimes appels d'antennes, mutuel frôlement d'âmes… Et la passion flamboie sans les verres déformants et opaques de la peur, du noir péché.. J'ai rêvé, je me suis égaré: banale est la réalité, point de magie ni dans les mots explicites ni dans les non-dits pudiques. Les relations humaines demeurent épaisses, les signaux du cœur ne se décodent pas aisément… et l'on reste seul, un tantinet ridicule, respectable mais ratatiné, raisonnable et mort-né..
Comment écrire une psalmodie d'amour sans faie peur et sans faire fuir??? à moins de faire le littérateur ou le prédicateur… Ou puiserais-je la force, l'espoir, de semer dans ma nuit ces diamants insensés?? Pourquoi?? Pour qui?
Et tant pis pour la peur et les conventions.. Pour le trésor des sables, ma complainte de gueux, car l'amour est mendiant... Mais qu'importe, grâce à ces gribouillages, ma vie demain embraie, bondit, l'espoir palpite et jongle avec le soleil du sud..
Mais il y a révolte, et je me dois de la passer outre.. Je dois balbutier et dégeler mon silence de mort…..
Ce rêve est ma folie dont elle m'affuble, mais elle est aussi ma rédemption, mon cadeau de vie, mes seules étrennes, et tracer pour elle ces bribes de tendresse, son souffle sur le carreau givré embue mes souvenirs mauvais et dessine l'espoir.. Qu'n me laisse l'avouer: c'est une nuit étrange, d'exode ou de nativité, je ne sais et qu'importe..
Comme il y a très longtemps, à des années-lumière, quand j'étouffais ma honte d'inverti sous ma piété pubère, je sens poindre ferveur, un feu qui me dévore, qui a un goût d'absolu. D'ordinaire, je me méfie par faute de ressentir ces choses, je me bats, mais aujourd'hui, j'accepte… Je viens d'entrebâiller la lucarne de mon âme, j'étouffais trop dans ma carcasse imposante..
une sourde rumeur, Paris appesantie, de si haut invisible, juste une brisure de ciel dans cet hiver rigouraux. Tant mieux: l'infini nous relie.. Ma pensée s'évade et son âme féline s'y faufile.. Et tout à l'intérieur, juste sous les paupières, non, bien plus profond, dans le narthex du cœur, son icône s'incruste: je sonde sa béance, je palpe son mystère..
"La vérité de ce monde, c'est la mort.. La vie n'est qu'une ivresse, un mensonge, c'est délicieux et bien indispensable", a écrit Celine.. Il est temps de quitter la vérité, le pragmatisme pour enfin embrasser ce pourquoi la mort existe: la vie, l'illusion bénie qui pimente et désamorce le tragique.. Jusqu'à la verité alternative: donner la vie..
Un jour, quand elle le désirera très fort, c'est elle qui m'enverra des mots: ce matin-là, ma boîte aux lettres sera un tabernacle.. Et un autre jour, sur les grands boulevards parisiens, nous prendrons un thé à la menthe ensemble.. Face à face, corps à cœur, et elle me parlera de son univers, de sa famille, de ses projets raisonnables et de ses rêves insensés trop longtemp abandonnés, et moi aussi, promis, je lui partagerai ma vie… et enfin, sous cette voix téléphonique que j'ai enregistré dans ma mémoire comme une relique d'affection, un aveu d'outre-tombe, sous ces heures nombreuses et répetées, un nouveau corps modifié et amelioré ressuscitera le tien, enfin, son sourire, son buste, son regard.... Ses yeux......
je vais bientôt conclure, je reprends mes esprits, je vais saborder mon lyrisme de pacotille..
En écrivant cette nuit, je ne postule rien, je ne réclame rien, et surtout pas la clé de son silence. Je m'offre à moi-même un havre de bonheur, quelques bribes de rêve, tapi derrière le treillis des mots.…
Et je l'invite au banquet, grappille ce qu'elle désire, pour elle-même ou pour l'un de ses amants.. Pour moi, c'est gratis, juste cette nuit, un surplus de bonheur…
Mon utopie est d'incarner mes rêves, de tisser patiemment la douce béatitude dont elle devient la trame..Quoi qu'il en coûte, pas après pas... Car chaque oui appelle un autre oui, sans regret, sans répit.. Le repentir est la seconde faute.
Je veux jeter l'aube sacrée. C'est vrai, depuis longtemps, sans oser l'avouer, je ne crois plus au Dieu sadique, lui aussi muet et glacé comme la tombe devant mon désarroi. La foi peut abbatre des montagnes si l'on en croit le proverbe..
Et bien, me voici préparé.. mes outils en main... J'attends que l'on désigne la roche qui subira mon exaltation renaissante..
RL.
15 février 2010 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
Georges Frêche serait donc antisemite.. La nouvelle a de quoi faire réfléchir, au su du fait que tout le monde semble faire attention à éviter le moindre mot malheureux..
Du pain béni pour tous ceux, du type dieudonné, qui se plaisent à "dénoncer" les accusations gratuites d'antisémitisme pour justifier des propos répugnants..
Rappelons rapidement les faits: le président dela région Languedoc-Roussillon Frêche, exclu du PS en janvier 2007, avait attaqué M. Fabius dans des propos cités dans le magazine "L'Express" paru le 28 janvier dernier, disant: "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème: il a une tronche pas catholique". L'ancien Premier ministre possède quelques origines juives..
Dés lors, le déchainement s'est emparé de tous les élus de Gauche que Frêche se plait à dénoncer de manière quasi-permanente.. Toute la presse nationale s'en donne à coeur-joie, cinq colonnes à la une, et bien sur les pontes du presque mort parti Socialiste qui trouvent ici un pretexte parfait pour tenter de faire à nouveau parler d'eux.. Propos antisémites, xénophobes. Humiliation pour le Premier ministre, ect... Et tout cela au travers d'une simple, très simple phrase de l'institution littéraire française: "il a une tronche pas tres catholique"......
Combien de fois chacun d'entre nous avons-nous utilisé cette phrase sans arrière-pensée raciale?? Pourquoi s'acharner ainsi sur Frêche??
L'homme est un spécialiste des "bons mots" qui dérangent, depuis la fameuse qualification de sous-homme pour les harkis, une affaire qui n'en fut jamais une mais qui resta dans les mémoires collectives.. Les gens aiment detéster un bouc émissaire..
Je dis, et je maintiendrai toujours, que tout cela va beaucoup trop loin. Et puisque le déstin m'a affublé d'un nom biblique (donc juif de surcroît), je crois etre bien placé pour démontrer et prouver que toute cette polémique n'est qu'une foutaise immonde...
Alors, juste quelques faits avérés, sélectionnés parmi d'autres:
Nous sommes en juillet dernier et sous les quelques tentes qui protègent de la chaleur, Georges Frêche reçoit alors l'hommage appuyé de Joël Mergui..
La présence du président du Consistoire central, venu spécialement de Paris en dépit d'un agenda chargé, n'est pas neutre. Son discours non plus, qui témoigne de « la reconnaissance de la communauté juive française » à son hôte montpelliérain.
Georges Frêche apparaît touché par le propos sans ambiguïté du dignitaire religieux, suivi des louanges de Joseph Bensoussan, considéré comme le "parrain" de la communauté juive locale. Une amitié d’une bonne trentaine d’années lie les deux hommes. Ce matin-là, Georges Frêche (fondateur de l’institut Maïmonide à Montpellier) dira, une nouvelle fois, son admiration pour le "peuple juif" et ses intellectuels les plus fameux, Einstein ou Marx....
Un discours repris quasiment chaque année lors de la "Journée de Jérusalem" qui regroupe les composantes de la communauté (organisations de soutien à la droite israélienne, mouvements laïcs et libéraux)..
Au-delà des polémiques ponctuelles, comme celles qui visent le projet d'installation de la société israélienne Agrexco, l’élu socialiste puis divers gauche n'a jamais souhaité cacher ou minorer son attachement à la communauté juive ainsi qu’à l’état d’Israël.
En avril 2002, en pleine période d’incidents antisémistes en France, il avait ainsi été l’un des premiers à se joindre au cortège de protestations organisé par l’antenne régionale du Crif, le conseil représentatif des organisations juives de France… Quitte à s’aménager de solides inimitiés dans une partie de l’électorat franco-maghrébin de Montpellier acquis à la cause palestinienne..
Alors tâchons de nous calmer un peu et de redonner un nom à chaque chose. Albert Camus disait: "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.." .. Il serait bon que la droiture politique et la déontologie journalistique refassent surface, le plus rapidement possible.. Ce pays et sa population filent un tres mauvais coton..
RL.
04 février 2010 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Revu hier Il y a longtemps que je t'aime, film de Philippe Claudel avec Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas..
Le résumé: à sa sortie de prison, Juliette, la quarantaine, est invitée par sa soeur Léa, institutrice dans un lycée de Metz, à passer quelque temps chez elle avec son mari et leur fille. Cette dernière, voyant apparaître cette tante pour la première fois, brûle de questions à son sujet.
Mais Léa, gardienne du lourd secret de sa soeur, impose le silence, à sa fille comme à tous les amis et confrères de travail du couple, surpris eux aussi par l'apparition de cette inconnue quasi mutique dont ils n'avaient jamais entendu parler..
Parallèlement, Juliette, en quête d'un travail qui lui permettrait de s'affranchir de la charité de sa soeur, revient peu à peu à la vie, après quinze années d'absence.
Nous apprendrons petit à petit à connaître cette femme et les raisons qui lui ont fait vivre quinze années de prison. Kristin Scott Thomas porte le film sur ses épaules. Nous nous approprions ses hésitations, ses doutes et ses frustrations.. On est tres ému par l'histoire de Juliette et de sa soeur, une histoire si belle d'amour fraternel. Un récit qui montre toute la force des femmes, leur résilience et leur capacité à renaître après la catastrophe. Peu de dialogues mais ô combien parlant. Les épreuves se vivent différemment pour chacun de nous, c'est la force de l'émotion qui nous entraine inéxorablement..
Ce film est une vague...
Je me souviens avoir marcher de longues minutes sous la pluie à la suite de sa projection la première fois que je l'ai vu, et j'avais l'impression d'être hors du monde, mon esprit et mon coeur lessivés par tant de beauté et de finesse.
J'avais encore des larmes dans la gorge et je ne savais plus où aller, où marcher. comme si j'étais moi-meme cette femme qui sortait de prison suite à quinze années de peine, et je revoyais le monde avec un regard neuf, mais décalé... Et amer, tellement amer....
Le propos, tout en douceur, est toujours juste, jamais déplacé. L'émotion est toujours sentie, jamais donnée.
Kristin Scott Thomas est absolument magnifique, ravissante, admirable dans cette performance. Et l'opacité de son silence fait sentir le poids que son personnage porte tel un piano sur son coeur. Troublant. Libérateur. À voir et à revoir.
RL.
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17 janvier 2010 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus
Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre
Barbara..
10 janvier 2010 dans Culture Generale, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
Il détestait la compromission, la tiédeur, plus encore le renoncement. Phillie séguin est mort hier matin, victime d'une crise cardiaque, à l'age de 66 ans.. C'est trop tôt, certes. Mais on ne peut helas pas se sortir impunément indèmne de 50 années de Gitanes sans filtre, à raison de 3 paquets par jour.. Malheureusement..
Et les bons plats bien garnis.. Et les desserts, les sorbets.. Philippe Séguin etait un homme extremement gourmand, ce qui en général un signe assez fiable de bonne mentalité..
En 1992, au RPR, il se positionne sur une ligne souverainiste et se prononce contre le traité de Maastricht. Malgré les pressions et les tentatives de séduction de la part de Chirac et Balladur, jusqu'à Mitterrand...
Cet homme admirable aurait pu, aurait du, devenir pésident de la republique. Il avai la carrure (y compris physiquement) d'un véritable chef d'état, proche des français et pleinement conscient de ce que sont les responsabilités gouvernementales.. Mais pourtant, ce sacré bonhomme n'a jamais été en position d'être candidat à la tête de l'état, il le doit à son foutu caractère. Philippe Séguin ou l'histoire d'un immense gâchis, selon ses amis. Colérique, borné, parfois violent, souvent sombre, bien que toujours profondement attachant, il était tout ça à la fois..
Autre preuve qu'il fut un homme entièrement dévoué à son pays: Il n'a jamais vraiment eu la passion des combats electoraux.. Il disait souvent "je veux juste servir".. Quelle remarquable humilité que celle de Philippe Séguin.. La désastreuse campagne de 2001 pour la mairie de Paris en est l'illustration..
Un politique prolixe est mort, un énorme drame historique pour ceux qui voudront bien observer l'histoire de ces 30 dernières années au-delà des clivages politiques.. Un homme apprecié à gauche comme à droite.. Un exemple à suivre.
RL.
08 janvier 2010 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
La nouvelle qui vient de tomber me glace d'horreur et d'éffroi.......
L’armée thaïlandaise a commencé à expulser 4000 Hmongs vers le Laos, ils deviennent du coup quasiment promis une mort certaine...
Les Hmongs sont une ethnie minoritaire d’Asie du Sud-Est, qui se trouvaient hébergés dans des camps situés au nord-est du pays, pour certains depuis plus de trente ans.
Les Hmongs ne sont pourtant pas des réfugiés tout à fait comme les autres; durant la guerre froide, une grande partie d’entre eux furent en première ligne du combat anticommuniste. En Indochine, ils avaient formé des commandos encadrés par des militaires français pour combattre les Vietcongs.. Après le départ des Français ils se rallièrent aux Américains durant la guerre du Vietnam..
En 1976, après la réunification du Vietnam sous l’égide des communistes du Nord, les combattants Hmongs ne purent retourner au Laos, pays dans lequel ils résidaient depuis 400 ans, c'est à dire depuis leur explulsion de Chine parla dynastie des Ming.
La France a accueilli alors quelques milliers d’entre eux en Guyane, le gouvernement accorda quelques hectares de forêts amazoniennes, jugés par les Guyanais inexploitables.. Peut-être inexploitables pour des Guyanais solliciteurs d’allocations en tous genres, mais pas pour les Hmongs courageux... Ceux-ci, aussitôt à pied d’œuvre, retroussèrent leurs manches et entreprirent de défricher la forêt quasiment à mains nues et sans subvention; résultat: dès la première année ces pionniers venus d’Asie obtinrent une récolte de riz capable d’assurer leur subsistance..
Deux ans plus tard ils commençaient à exporter. Aujourd’hui ils sont, sur le marché du riz, les principaux concurrents des producteurs camarguais, au grand dam des Guyanais, jaloux et hostiles.
D’autres Hmongs s’installèrent en Thaïlande, où, au fil des années, ils furent rejoints par plusieurs milliers de compatriotes, ces derniers étant le plus souvent des réfugiés économiques, et non pas des réfugiés politiques, etrangement.. Bangkok affirme donc aujourd’hui que les Hmongs sont des immigrants illégaux, en dépit de la communauté internationale qui estime elle que la plupart d’entre eux peuvent prétendre au statut de réfugiés politiques sensé les protéger contre toute expulsion..
Ce qui impose, certes, un sérieux problème à la Thaïlande.. Mais le régime du Laos étant aujourd’hui plus proche de celui qui sévit en Corée du Nord que de celui capitalo-communiste du Vietnam ou de la Chine, il y a fort à redouter que les Hmongs qui lui seront livrés se retrouveront aussitôt exécutés par la junte communiste. Ou alors condamnés à une mort lente dans quelques camps de travail ou par un ostracisme féroce qui les privera de tout moyen de subsister..
Les rares Hmongs restés au Laos depuis depuis 1976 subissent depuis une véritable chasse à l'homme de la part des milices gouvernementales laotiennes.. Meurtres et actes de torture sont légion dans la forêt dans laquelle les Hmongs sont obligés de se cacher sans pour autant arriver à eviter completement les raids aériens..
Un scandale international que tout le monde s'obstine à vouloir ignorer.. Pas assez rentable probablement, à la difference d'autres causes ou supposées comme telles...
Pathétique, atroce..
RL.
28 décembre 2009 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Info vue sur BFM TV: Un client parisien de la chaîne Pizza Hut a eu la désagréable surprise jeudi soir de trouver une souris morte sur la pizza qu'on lui avait livrée, suscitant en interne un conflit entre un syndicaliste, qui pointe un problème d'hygiène, et la direction, qui crie à la malveillance...
Jeudi soir, ce client commande par téléphone, "comme d'habitude", sa pizza au pepperoni. "Je m'installe sur mon canapé, j'ouvre la boîte et je tombe sur une souris morte sur ma pizza. J'ai sursauté, crié", raconte-t-il à l'AFP, en souriant..
"J'ai appelé Pizza Hut. Au début, ils ne me croyaient pas.. On m'a proposé de me la rembourser", poursuit-il. Le manager du magasin concerné l'a invité à visiter les cuisines de l'établissement.
Si le client, un habitué qui "ne rappellera plus jamais Pizza Hut", en rigole encore, l'incident a suscité des remous dans l'enseigne de restauration. Selon un syndicaliste du groupe, cela révèle un "problème de souris qui dure depuis quelques années" dans un magasin du XIIe arrondissement de Paris..
"Avant, ça ne touchait que le bâtiment du vestiaire et, au fur à mesure, les souris sont allées grignoter du côté de l'alimentation", affirme-t-il.
"C'est la première fois que ça touche un client", souligne-t-il, expliquant avoir trouvé des "cadavres de souris derrière le meuble à garnitures" ou des tenues d'employés "grignotées dans le casier
La direction affirme, elle, qu'"il s'agit d'un "acte de malveillance".
"Nous avons mené notre enquête et ce n'est clairement pas un accident. Il y a là un acte de malveillance et nous allons porter plainte contre X", déclare Jeanne Massa, responsable de la communication et du marketing.
"Il y a une enquête policière d'un côté et une enquête en interne de l'autre. Ce que je peux vous dire, c'est que le livreur qui a porté connaissance de ces faits est en conflit avec nous et qu'il y a une procédure de licenciement à son encontre", a-t-elle souligné.
"Dans notre process, il est impossible que cette chose se réalise. Une souris morte ne rentre pas dans une boîte à pizza toute seule", se défend-t-elle, en attestant de contrôles d'hygiène réguliers..
Il n'empêche que de la part d'une grande societé d'alimentation, cet épisde es tout bonnement impardonnable, l'industrie de la malbouffe avait au moins pu légitimement revendiqué l'argument de l'hygiène et de la propreté durant toutes ces années..
Il n'en est rien aujourd'hui..
RL + afp
27 décembre 2009 dans Divers, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0)
Les concessionnaires automobiles.....
Ils ne ont qu'une bande d'infâmes cuistres boursouflés dans le plus nauséabond des irrespects en ce qui concerne le service dû au client...
Ce ne sont que d'infâmes pourceaux immondes et odorants qui propagandent nos pauvres âmes fletries dans la crédulité...
Une fois le bon de commande et le chèque signés, la gentillesse et la disponibilité des premiers contacts se transforment en peau de chagrin..
Notre candeur emerveillée des premiers temps se retrouve mise à rude epreuve lorsque modifications, erreurs, réparations diverses (véhicule encore sous garantie, cela va sans dire) se manifestent..
Les aimabilités si émouvantes des débuts se meuvent en pédance ahurissante, dédain humiliant destabilisant... ect..
Bref, de véritables voyous qui vous laissent vous décomposer dans un profond désarroi quand vous vous rappellez à leur bon souvenir et manifestez le besoin d'assistance qui s'impose dans ces precises circonstances; hallucinant concept que celui de considerer que nous, pauvres gens naifs, pouvons sans vergogne nous delester de plusieurs milliers d'euros et acquerir un véhicule aussi simplement et désinvoltement qu'une baguette de pain...
les concessionnaires automobiles ne sont que des larves fétides...
Ceci est clair, et qu'on se le dise: Je déteste, je hais, j'éxècre définitivement les concessionnaires automobiles.. Qu'ils entendent mon énorme "MERDE" proféré à leur endroit et qu'il ressentent le plat de ma semelle qui souflette leur envers......
Specialement et tout particulièrement les concessionnaires automobiles Fiat.. Bande d'incapables..
RL.
24 décembre 2009 dans Divers, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
Aaaahh.. Quel infini plaisir de retrouver cette neige qui recouvre le gris habituel du bitume de l'Ile de France!! Quel infinie somptuosité de ressentir cette fraicheur douillette qui s'infiltre par une fenêtre tres volontiers laissée entrebaillée....
Quel frisson délicieux de renifler cette odeur légèrement et fraichement fruitière que celle de l'ambiance enneigée.. Tous ces souvenirs olfactifs qui nous ramenent aux tréfonds de l'enfance, le temps des jeux, de l'insouciance.. Les premiers apprentissages du concept de cycle, de tradition.. Noël, la joie, les vacances, les cadeaux, les couleurs et les lumières qui embellissent les villes pour l'occasion..
Quelle lumineuse beauté de comtempler cette brillance immaculée, pétillante et apaisante, cette sensation étrange de marcher et vivre dans un monde qui ressemblerait à un immense nuage bienveillant...
Quel plaisir également d'admirer le visage des habitants.. Car qu'on le veuille ou non, la neige fait sourire tout le monde, meme succintement..
Pour moi, c'est ça la neige... Le moment que je prefererai toujours à Paris..
Celle qui tombe à cet instant précis semble abondante, et cela me réjouit après toutes ces années durant lesquelles Paris s'est vu privé de son opulent et traditionnel manteau blanc des périodes d'hiver.. Du coup, maintenant, flaner devant les vitrines de Noël retrouve une vraie poésie..
Une apothéose salutaire pour cette atroce année 2009..
RL.
17 décembre 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
Dominique Zardi est mort hier à l'age de 79 ans..
Dominique Zardi fait partie de ses acteurs immenses dont on ne sait parfois meme pas le nom.. Quelques films cultes jalonnent la mémoire collective, on en retient toujours les têtes d'affiches, toujours les dialogues incontournables, souvent les visages des seconds couteaux, mais jamais leur nom.. Dominique Zardi, comme les regrettés Henri Attal et Francois Cadet, c'est exactement cela..
Et pourtant, si l'on s'y penche unpeu pour voir, quelle admirable carrière!! Dominique Zardi aura tourné avec quasiment tout le monde, de Chabrol à Melville en passant par Mocky après un détour par Truffaut ou Godard..
On peut compter à son actif au moins 500 apparitions dans différents films aux côtés des plus grands acteurs comme Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo... et tant d'autres. Pour un acteur, de quoi donner le vertige..
Il est essentiel de saluer ici comme il se doit cette véritable mémoire du cinéma français qui, il y a peu encore, publiait son dixième livre.. Je le disais plus haut, Dominique Zardi a tourné avec presque tout le monde à l'exception remarquée de sa nièce, Agnes Jaoui, avec laquelle etrangement il n'aura partagé aucun tour de caméra..
RL.
16 décembre 2009 dans Actualité, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)
Il y avait si longtemps que je n'avais plus écrit un mot sur ce pauvre blog laissé à l'abandon, à cela il y a plusieurs explications plus ou moins légitimes qu'il n'est pas nécessaire d'énumérer ici dans le détail..
Peut-etre une seule pourra l'être: mon manque de loin.. Mon retour d'Asie m'a laissé retrouver la douce France, ce cher pays de mon enfance, mais m'a privé de toute ces choses que je ne trouve pas ici: empathie, solidarité humaine gratuite, condescendance, culture du vrai vive-ensemble.. etc..
Du coup, cette question soulevée depuis quelques semaines sur cette fameuse et controversée "identité nationale" m'intéresse au plus haut point, car dans ce débat demeure tout un tas de questions plus ou moins polémiques sur tout un tas de sujets dérangeants et tabous qui en définitive perturbent absolument tout le monde, que ce soit les français d'origine immigrée ou ancestrale.
Tout le monde en définitive se sent touché, dans le bon sens comme dans le mauvais. Le véritable danger résidera dans le fait de s'obstiner à débattre dans la pensée de son origine ethnique ou religieuse, ou bien dans son clivage idéologique droite-gauche.
J'entends déjà ici et là tous les détracteurs habituels, ceux que le très regretté Philippe Muray appelait les "rebellocrates" qu'ils soient dans la rue ou sur les plateaux télévisés, hurler au scandale, crier au racisme, vociférer la bien-pensance qui s'autoproclame anti-conformiste et qui devient finalement tellement conformiste..
Alors laissons les hurleurs hurler, cessons de nous stigmatiser comme sarkozystes, royalistes, ou je ne sais quoi d'autre, et reflechissons vraiment ensemble à ce que cela signifie vraiment "être français"..
Sur ce blog au bord de la désuétude, je donnerai mon humble point de vue:
On commet actuellement et trop souvent l'erreur d'établir l'origine et la religion dans le débat sur l'identité nationale, c'est tragique. La loi est très claire sur le sujet, la religion est une affaire privée et l'origine ethnique ou raciale n'est pas censée (au moins en terme de législation) différencier les individus au regard de la nationalité Française..
Je crois personnellement que l'on devrait occulter ce débat nominal et se concentrer sur un débat sociétal.
Être français, c'est appartenir à un pays à la population pluri-culturelle sensée se retrouver autour d'une même langue, d'une même culture presque deux fois millénaire, partant de Vercingetorix, la conquête des Gaules par César, La dynastie des Capétiens, Voltaire, Rousseau, la Révolution Française, Napoléon Bonaparte, la République, etc..
Être français, c'est appartenir à une Histoire riche de laquelle découle des traditions, des coutumes, un mode de vie, un modèle de société.. etc..
Être français, c'est comprendre que nous devons tous épouser ce mode sociétal au détriment du fait que nous soyons chrétiens, musulmans, juifs, noirs, blancs, jaunes, etc..
Mais cette vision de la France est, j'en suis conscient, relativement utopique, car elle fait appel à la responsabilité individuelle dans un pays ou la fraude fiscale est la plus répandue..
L'angélisme de cette vision de cette magnifique France ne doit pas nous aveugler dans les méandres de la béatitude sotte.. Il est important d'évoquer des vrais problèmes si l'on veut un jour caresser l'espoir de vivre un jour cette France métissée et heureuse.
L'injure "sale français" se répand dans les cours de récréation, un certain type d'enseignement de la culture Française est de plus en plus refusée par un nombre d'élèves de plus en plus croissants.. En mon nom personnel, cela me pose un vrai problème. Loin de moi l'idée de stigmatiser un certain type d'immigration, mais alors que moi aussi je ne suis pas un français d'origine, j'ai été élevé et éduqué dans l'idée que si mon pays doit être la France, il faut aussi que son histoire devienne en grande partie la mienne.
Je ne trouve pas diffamant et scandaleux de dire qu'avant de se construire, l'identité française se reçoit.. Ce problème, il est impératif de pouvoir le poser sans se faire vilipender de toutes parts par les bien-pensants sourds aux vrais problèmes de la France, et plus généralement du monde..
En fait, après réflexion, il est beaucoup plus simple dans ce débat de rappeler ce qu'est la France.
La France est une Nation. l ne faut pas avoir peur de le dire.. La France n'est pas qu'un ensemble de droits, c'est surtout et avant tout une Patrie adoptive.. à ce titre, cette fameuse identité française existe déjà, il faut seulement dire qu'il faut entamer non pas un programme d'exclusion, mais un programme de pédagogie pour faire accepter cette identité à ceux qui s'obstinent de la refuser..
J'imagine que ce programme pédagogique pourrait s'appliquer à l'égard des français d'origine immigrée, mais aussi aux français racistes qui se disent "français d'origine"..
Ne pas contempler ce débat par la voie de cette réflexion nous conduit inexorablement vers des déviances anti-républicaines qu'il est facile d'identifier: le front national, la burqua.. etc..
Osons nous saisir de ce débat et ouvrons nous à la plus belle des interrogations Spinoziennes: qui sommes nous finalement??
Ce n'est pas en dénonçant les nombreuses et réelles injustices de ce pays que l'on arrivera à élargir l'étroitesse des esprits, mais plutôt en réfléchissant à quelles valeurs collectives nous caractérisent.. Et faire cela, ce n'est pas discriminer, ce n'est pas écarter une indispensable immigration. C'est, bien évidemment, l'associer, la rassembler, l'entendre et la préparer à affronter ensemble les défis majeurs de notre avenir.
Essayons de garder un semblant de raison et la tête froide.. Il y va de l'avenir de ce pays et de notre conception idéaliste du vivre-ensemble si nous voulons toujours que cela ne soit plus un idéal, mais un vrai projet de vie..
RL.
06 décembre 2009 dans Actualité, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3)
Hier, le 6 Novembre, disparaissait Jacno, des suites d'un cancer à l'age de 52 ans..
Auteur, compositeur, interprète, intrumentiste approximatif, dandy-pop et symbole du néo-punk-électro du début des années 80, compagnon de vie et de travail de Elli Medeiros (que Brian de Palma lui piquera), compositeur, producteur ou arrangeur de divers symboles similaires du type Etienne Daho, Lio, Daniel Darc, Jacques Higelin ou plus recemment Mareva Galanter, ce fumeur inveteré à l'insolite record de 4 paquets quotidiens aura, probablement malgré lui, marqué au fer rouge l'histoire de la musique pop électro underground de ces deux des decennies 80-90..
J'ai été un membre de son équipe de musiciens pendant une courte période durant l'année 2000, j'en garde un souvenir amusé et intrigué.. J'ai le souvenir d'un homme fantasque et créatif, assez imprévisible, drôle et interessant, capable de descendre trois magnums de vin à lui tout seul duant une répétition de cinq heures!! :-)
Et aussi, bien entendu, le plaisir sympathique d'avoir eu l'occasion de jouer le fameux "rectangle" qui restera vraisemblement son plus grand tube immortalisé pour etre devenu la musique du fameux Groquick de Nesquick dans la pub des années 80..
Je me souviens avoir lu il y a quelques années un article assez remarquable sur Jacno, rédigé par l'excellent Ariel Wizman.. J'ai tenté de le retrouver pour le publier en hommage, impossible de mettre la main dessus.. Ni sur la toile, ni sur mon disque dur.. Dommage..
RIP Jacno.. Et merci pour les insolites moments..
RL.
07 novembre 2009 dans Actualité, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
La tolerance est le respect, l'acceptation et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. Elle est encouragée par la connaissance, l'ouverture d'esprit, la communication et la liberté de pensée, de conscience et de croyance..
La tolerance est l'harmonie dans la différence. Elle n'est pas seulement une obligation d'ordre éthique ; elle est également une nécessité politique et juridique. La tolerance est une vertu qui rend la paix possible et contribue à substituer une culture de la paix à la culture de la guerre.
Conformément au respect des droits de l'homme, pratiquer la tolerance ce n'est ni tolérer l'injustice sociale, ni renoncer à ses propres convictions, ni faire de concessions à cet égard. La pratique de la tolerance signifie que chacun a le libre choix de ses convictions et accepte que l'autre jouisse de la même liberté. Elle signifie l'acceptation du fait que les êtres humains, qui se caractérisent naturellement par la diversité de leur aspect physique, de leur situation, de leur mode d'expression, de leurs comportements et de leurs valeurs, ont le droit de vivre en paix et d'être tels qu'ils sont.
Elle signifie également que nul ne doit imposer ses opinions à autrui..
r.
28 septembre 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
27 septembre 2009 dans Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
En ce moment, la période est très étrange.. Beaucoup de travail qui me prend un temps exceptionnel, insolite mélancolie que je gère par des réflexes du quotidien, une sorte de désintérêt pour les choses qui d'ordinaire me passionnent ou me révoltent.. etc..
Alors le soir venant, retrouvant ma chambre d'hôtel après des journées de résidence en vue de préparer un spectacle ou bien en tournée, je relis de vieux ouvrages choisis au hasard dans ma bibliothèque et jetés négligemment dans mon sac de voyage..
Donc, je relis.. Je relis tous des livres qui prennent parfois une saveur inattendue par le prisme de l'humeur du moment, à un point d'être touché différemment par tel ou tel texte..
Et ce soir, ce sont Les Gommes qui me mettent visière du monde..
Dans la pénombre de la salle de café, le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d'eau gazeuse; il est six heures du matin.
Il n'a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu'il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchons, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde a sa place exacte.
Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d'erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu'ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l'ordonnance idéale, introduire ça et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l'hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.
Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d'être déverrouillée, l'unique personnage présent en scène n'a pas encore recouvré son existence propre. Il est l'heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbre où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.
Quand tout est prêt, la lumière s'allume...
L'auteur, Alain Robbe-Grillet, était l'un des leaders d'un mouvement littéraire des années 50 que l'on a appellé Le "Nouveau Roman".. Un modérnisme saisissant dans un livre écrit il y a plus de cinquante ans qui me laisse à penser qu'en définitive, je n'aurai jamais d'une vie pour tenter de comprendre, comprendre dans le sens le plus large du mot..
Alain Robbe-Grillet est mort en 2008 sans avoir vraiment obtenu sa place dans la postéritéé.. à cela aussi, on peut réfléchir..
Alors, moi le blogueur infidèle et traitre à mes lecteurs, je sors de ma tanière que j'espère toujours et encore éphémère pour vous conseiller cet ouvrage intemporel..
Je vous embrasse..
r.
23 septembre 2009 dans Culture Generale, Livres, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1)
On sait implicitement que les productions artistiques du passé peuvent être considérées dans certaines circonstances comme de simples matériaux désormais "à la disposition" de tous les prétendants à la création artistique, matériaux pouvant être inclus et surmontés dans un processus de production artistique utilisant, plus ou moins consciemment, des procédés, traitant donc les oeuvres dépassées..
En ce sens, les procédés artistiques modernes sont donc avant tout des procédés de distanciation, de mise à distance: distanciation vis à vis de la "réalité" "naturelle" et historique d'abord (caricature, par exemple), distanciation vis à vis des productions artistiques du passé ensuite (parodie, pastiche, collage, montage, détournement, par exemple).
Ce que les imbéciles nomment "art contemporain" n'est rien d'autre qu'un gigantesque processus d'esthétisation généralisé, processus parfaitement débilitant usant précisément de quelques procédés artistiques élémentaires tout à fait repérables et identifiables, processus n'ayant à ce jour été ni entamé, ni distancié, encore moins interrompu.....
Ce sont, notamment, les procédés (les trucs, si l'on veut) d'esthétiseurs de bas étage qu'il convient de publier, de rendre publics.
Par ce que l'assèchement mental et affectif des hommes par l'esthétisation "artistique" du monde constitue désormais le processus le plus prégnant de l'époque. Et par ce que ce processus n'est précisément pas encore problématisé publiquement!!
Au delà, ce n'est évidemment que par un dégonflement définitif de la trucologie "artistique-contemporaine" que l'on autorisera, enfin, l'émergence d'un nouvel étage de pensée, puis de production artistique, celui qu'exige l'époque pour se connaître et se comprendre; comprendre par exemple que la vitrification générale des consciences par l'esthétisation la plus grossière et la plus mécanique n'est pas une fatalité.
Un musée artistique des arts mineurs de notre époque, des procédés artistiques dépassés et de leur dépassement serait donc à la fois:
-un musée des trucs faciles et éculés de l'esthétisation vulgaire (expositions, installations, performances et ainsi de suite) mis ainsi à la disposition de tous, et définitivement publiés et dévalorisés.
-un musée des distances, toujours à inventer, pouvant et devant être prises contre l'art unilatéral automatique et aliéné, autorisant alors l"émergence de la parole demandée par l'époque.
"Il s'agit de réduire un art vulgaire et harassant, atrophiant définitivement les capacités mentales des hommes à la trucologie misérable qui le constitue entièrement.
Il s'agit corrélativement d'autoriser l'émergence de l'art (de la poésie !) exigé par l'époque en restituant la possibilité du rêve, de l'imagination, de l'intelligence aussi, étouffées depuis plus de trente ans par d'innombrables décorateurs réalistiques." (anonyme)
RL.
21 août 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ancienne présidente des Philippines, Corazon Aquino, est décédée hier au terme d'un long combat contre le cancer du colon. Elle avait 76 ans.
Je pleure aujourd'hui une très grande dame pleine de luminosité que j'ai infiniment admiré et adulé, et je partage pleinement le deuil des Philippines, de tous les Philippins, de mon pays d'adoption..
Beaucoup d'Européens ignorent de cette femme merveilleuse.. le meilleur hommage à lui rendre sera alors d'effetuer un bref résumé de sa vie.
Née le 25 janvier 1933 à Manille, Corazon Cojuangco a été élevée dans une école religieuse. Elle a obtenu un diplôme de mathématiques et de français au College Mount Saint-Vincent de New-York, aux États-Unis.
Corazon Aquino a été la première femme à accéder à la présidence des Philippines et la première à devenir chef d'État en Asie.
Elle a été propulsée sur le devant de la scène politique philippine après l'assassinat de son mari, le dirigeant de l'opposition Benigno Aquino, le 21 août 1983. Elle a mené avec ses sympathisants le soulèvement populaire ayant abouti à la chute du dictateur Ferdinand Marcos en 1986....
Elle a résisté à sept coups d'État en six ans, mais son grand échec reste qu'elle n'a pu changer le système politique clanique dominé par une élite issue de grandes familles..
Le 30 juin 1992, Cory Aquino ne s'étant pas représentée à l'élection présidentielle suivante, Fidel Ramos devenait son successeur, dans une « alternance » tranquille que les Philippines n'avaient pas vue depuis longtemps.
Elle a inspiré un mouvement non violent de protestations à travers le monde et a été élue "Femme de l'Année" par le Times en 1986...
Dès l'annonce de son décès, le porte-parole présidentiel a annoncé que le gouvernement avait décrété une semaine de deuil et accorderait à Corazon Aquino des funérailles nationales. Ce qui démontre l'importance capitale de cette femme, dans un pays où elle a pu ramener une certaine sérénité, un peu de démocratie et l'espérance pour tout un peuple, après des années de despotisme.
Je suis très fier de vous faire partager ce très bref résumé de la vie de la Présidente Aquino.. Je souhaite qu'elle ne tombe pas dans l'oubli, elle qui demeurera pour très longtemps un exemple à suivre..
RL.
02 août 2009 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)
Je crois à quelque chose..
Ce n'est pas à la mode ces temps-ci, il est de bon ton de prôner un relativisme systématique, toute croyance un peu robuste étant représentée comme une sorte d'oppression intellectuelle.
Et pourtant, croire au principe qu'on ne doit plus croire en rien, c'est déjà une croyance en soi.. Un peu contradictoire, non? Les vrais oppresseurs intellectuels sont ceux qui démolissent toutes les croyances des autres au nom de ce principe absolu. Je ne leur accorde donc aucune attention, et encore moins un quelconque crédit..
Je crois que le bien et le mal existent, le vrai et le faux, le juste et l'injuste. Je crois aussi qu'on peut les distinguer par l'exercice de la raison, apprendre quelles actions mènent à l'un et à l'autre, et en convaincre ses voisins par l'exercice de la parole.
Enfin je crois qu'il sera possible et nécessaire à terme d'ostraciser ceux qui refusent sciemment de se laisser convaincre, de les mettre hors-jeu, de les exclure aussi longtemps qu'ils persisteront dans leurs erreurs. Il est désagréable et dangereux de fréquenter le mal, le faux et l'injuste.
Si j'aspire à une certaine universalité, cela me contraint à croire en peu de choses. Il faut que ces choses s'appliquent tout autant à un Papou qu'à moi: plus le programme est minimal, plus il sera à même de se diffuser. Il serait ridicule que j'essaie de convaincre tout le monde que le sexe des anges est masculin, je me réduis donc à croire à quelques axiomes de base sur la condition et l'expérience humaine que les gens auront bien du mal à réfuter.
Mon approche est normative plutôt que positive. Le positivisme fonctionne bien dans les sciences de la nature, car la nature se prête à des expériences multiples et répétées. Ces expériences permettent de construire une théorie testable par d'autres expériences. Tôt ou tard, l'une de ces expériences réfutera la théorie. Alors il faudra en construire une nouvelle, et ainsi de suite.
Dans les sciences sociales, humaines et morales, cette approche ne fonctionne pas, l'homme ne se prêtant pas à l'expérience parce qu'il a un libre-arbitre.
Mettez-le dans la même situation deux fois de suite, et il peut très bien décider de réagir d'une certaine manière la première fois, et d'une manière complètement différente la seconde... Rien que pour vous enerver.....
Vouloir importer les méthodes positivistes dans les sciences humaines, c'est considérer les hommes comme des électrons. Il faut donc procéder de manière opposée et fonder une théorie normative précisément sur le fait que l'homme possède le libre-arbitre. Même les Papous seront d'accord qu'un être humain est capable de choisir délibérément ses actions.
RL.
12 juillet 2009 dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4)
26 juin 2009 dans Actualité, Cinéma, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0)
26 juin 2009 dans Actualité, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
Encore un personnage auquel je voue un culte sans aucune limite possible.. Le grand et gros, célèbre, iconoclaste, érudit, encyclopédique, et tellement nécéssaire.. Achille Talon.
Les aventures sémantiques de ce merveilleux journaliste pretentieux entouré de personnages surréalistes que sont le rapeux Hilarion Léfuneste ou bien meme les membres de sa famille (son père Dieudonné Talon est un amateur inveteré de bière) sont délicieuses à quasiment tous les points de vues: grammatical, linguistique, humoristique, graphique, ect..
En résumé, un esprit fin dans un corps gras.. :-)
Et quel héros de bande-dessinée peut se vanter, à part Tintin bien sur, de séduire différentes générations de lecteurs et d'avoir sa place régulière (souvent par planches entières!!) dans les manuels scolaires??
Mmmhhhh???
Alors, qu'est-ce qu'on dit??
:-)
RL.
17 avril 2009 dans Culture Generale, Divers, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
D'une manière intermittente, il arrive regulièrement qu'un disque touche jusqu'au plus profond de mon âme.. Il n'y a pas de règles spécifiques à cela, ni meme de format ou de style rattaché à ce phénomène..
Mais pour le disque dont je vous parle aujourd'hui, il y a une différence notable: son réalisateur et son concepteur n'est rien que moins un ami: Daniel Yvinec.
Mon ami Yvinec, qu'a t'il donc fait?? Et bien il est tout simplement devenu le directeur artistique de l'Orchestre National de Jazz..
Loin de moi l'idée de rédiger un long texte explicatif sur le parcours ou le CV de mon ami, cela n'aurait que peu d'interet et l'on peut trouver toutes ces informations sur le web.. J'évoquerai juste un angle de sa personnalité, sans rentrer dans l'impudeur: cet homme fascinant aime la musique et les disques, au sens premier du terme.. Une curiosité obsessionnelle le caractérise particulièrement au point qu'à ce jour, mon ami a accumulé le coquet nombre de 30 000 disques qui composent sa collection.. Notons au passage que cette curiosité est contagieuse, puisque il m'a transmis ce ruineux virus qui fait qu'aujourd'hui, ma propre collection totalise près de 4000 pèces..
Et quelles sont les consequences d'une écoute musicale aussi diversifiée et importante??
Le developpement de l'oreille, la gymnastique du langage musical..
Un disque peut etre une oeuvre aboutie et un vrai concept de creation conceptuelle et originale, et pas seulement une succession de titres.
Et voici que Daniel nous livre le dernier opus de l'ONJ dont il est le directeur musical..
Il y a finalement peu de mots pour qualifier cet ovni acoustique: des chansons de Robert Wyatt réarrangées et interpretées par le créatur d'origine lui-meme, plus quelques intervenants de qualité: Yael Naïm, Daniel Darc, Arno, Camille...ect..
Une ambiance couvente et mysterieuse s'empare de l'auditeur dés les premières notes, pour ne jamais le lacher jusqu'à l'arret du disque.. Un bon disque peut s'écouter d'une traite, c'est le cas ici.. Un bon disque laisse derrière lui une sensation étrange radicalement differente de celle que l'on ressentait avant l'écoute, c'est le cas ici.. Un bon disque pousse la créativité du musicien qui l'écoute, c'est le cas ici.. Un bn disque peut parfois changer la vision de certains evenements du monde ou de la vie personnelle, c'est le cas ici..
Cela suffit.. Procurez-vous cette merveille au plus vite..
RL.
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15 avril 2009 dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
Né en 1949 à Pékin, Bei Dao (北島) est le chef de file de la poésie "obscure" ou allusive ("nihiliste" et "antimarxiste", selon les officiels chinois)..
Suite à son exil, il vit en France..
De son vrai nom Zhao Zhenkai (趙振開), il est l’un des membres fondateurs du Parlement International des Ecrivains..
Il apparait à la fin des années 70 en porte-parole romanesque et littéraire d'une génération sacrifiée pendant la révolution culturelle, conséquence d'une grande mélancolie qui ne manque de frapper dans son oeuvre..
Il est l'auteur d'un livre merveilleux, 13 rue du Bonheur, que l'on peut trouver difficilement en France aux éditions Circé.
Un livre qui a la capacité d'anéantir l'ennui profond que lon peut subir à l'occasion d'un vol tres long courrier mérite amplement qu'on s'y interesse un tant soi peu..
Tres difficile à trouver, c'est vrai, il n'en est pas moins une ôde sublime à l'espoir et à la vie, y compris lorsque les temps sont difficiles..
Trouvez donc cette merveille, et bon chinage.. :-)
RL.
09 avril 2009 dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
Reprenons notre série sur les grandes femmes par l'évocation d'une dame hors du commun en la personne de Sylviane Agacinski..
On la connait surtout pour sa qualité d'épouse de l'ex-premier ministre et candidat malheureux aux elections présidentielles de 2002 Lionel Jospin..
Mais peu de francais savent aujourd'hui qu'elle est l'auteur d'ouvrages analytiques sur la philosophie dont certains font meme references..
Sylviane Agacinski est née le 4 mai 1945 dans un petit village de l'Allier, a suivi une scolarité normale et recoit l'enseignement de philosophie du célèbre Gilles Deleuze à l'université de Lyon.
Arrivée à Paris en 1968, elle est un temps pigiste à Paris-Match avant d'etre nommée professeur agrégé de philosophie après avoir ete recue au concours du CAPES, 1ereà l'écrit!!
Elle enseigne dans plusieurs lycées et participe activement à la fondation et à la direction du Collège International de Philosophie aux côtés de Jacques Derrida avec qui elle aura un enfant en 1991..
Ses travaux philosophiques et ses reflexions englobent particulierement les thèmes chers à notre époque de l'identtité sociale autour de la difference des sexes, les origines religieuses et lurs consequences sur les comportements journaliers, la mixité et la parité, et aussi la métaphysique des sexes..
Précurseur d'une nouvelle pensée philosophique au féminin, Sylviane Agacinski mérite sans aucun doute sa place dans cette rubrique..
Pour ma part, parmi les nombreux ouvrages dont elle est l'auteur, je conseille tout particulierement Le passeur de temps (modernité et nostalgie), que l'on acquerir via une faible somme d'argent en cliquant ici.
:-)
RL.
05 avril 2009 dans Les grandes femmes de notre temps | Lien permanent | Commentaires (0)
En ces temps de crise économique violente ou l'on constate le désarroi international et le chômage montant, observons de plus près les (rares) pays qui semblent échapper à la déferlante de misère qui s'installe durablement.
Aujourd'hui, l'Irlande est un pays prospère, dont le taux de croissance économique en 2006 était supérieure à 5 %..
Le faible taux de chômage et les finances publiques saines sont d'autres indicateurs du succès de ce petit pays miraculeusement sauvé (pour l'instant) de la crise.
Pourtant, cela ne fut pas toujours le cas, et l'on peut même qualifier ce succès de tardif. A l'instar de la Grande Bretagne dans les années 70, l'Irlande semblait régresser économiquement parlant dans les années 80: taux de chômage tres élevé, finances publiques en déroute, croissance en berne faisaient que l'Irlande avait l'apparence d'un foyer de développement de la misère en Europe de l'ouest..
Mais pendant toute la décennie des années 90, la chance a tourné, transformant en profondeur l'économie et la société, et donnant à l'Irlande une position de force dans la mondialisation. Bien plus que de la chance, ce résultat spectaculaire est la conséquence de plusieurs mesures énergiques importantes.
La solution est venue en premier lieu de politiques économiques libérales, semblables à celles qu'avait pu mettre en œuvre Margaret Thatcher en Grande Bretagne. Une partie de la faiblesse économique de l'Irlande venait du fait que l'économie était écrasée sous le poids des impôts, en changeant complètement d'optique le gouvernement irlandais a tiré les conclusions de ses échecs précédents. L'impôt sur les sociétés a donc été drastiquement diminué (en s'établissant aujourd'hui à 15 %), ainsi que les autres taxes. Des aides ont été accordées aux entreprises qui décidèrent de s'installer en Irlande, et un effort particulier sur la recherche et développement a fait de ce pays en endroit attrayant pour les firmes de haute technologie.
La conséquence fut qu'un grand nombre d'entreprises étrangères, en particulier américaines, ont choisi l'Irelande pour s'établir en Europe, irriguant l'économie irlandaise d'investissements importants qui relancèrent l'activité.. Mais cela était justement possible parce que l'Irlande avait rejoint l'Union Européenne, et cette adhésion est bien la cause majeure de ce développement économique. Ayant longtemps fait parti des pays les plus pauvres de l'Union Européenne, l'Irlande a été l'un des principaux receveurs d'aides régionales pour mettre en place ou moderniser les infrastructures du pays. En outre, l'accès à un marché commun important lui ont permis de beaucoup moins dépendre de la Grande Bretagne, qui était auparavant le pays destinataire de 90 % de ses exportations. Et c'est bien ce vaste marché potentiel que visaient ces entreprises américaines qui s'installaient en Irlande.
L'Irlande ne voudrait en aucun cas retourner aux années sombres, où le manque de dynamisme et la faiblesse économique pesaient sur chacun. Cette success story nous enseigne au moins deux choses : d'une part, aucune situation économique dégradée n'est condamnée à perdurer, la volonté politique et des réformes structurelles de l'économie permettent d'en sortir; d'autre part, les pays pauvres de taille modeste qui ont adhéré à l'Union Européenne peuvent légitimement voir en elle un espoir, et l'union en elle-même permet bien de rendre l'Europe dans son ensemble plus riche..
D'un "miracle", l'on tire ainsi un double espoir, pour son avenir, et celui des autres.
Alors, qu'est-ce qu'on dit?
RL.
02 avril 2009 dans Actualité, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2)
J'ai toujours voué un culte infini à ce personnage drôle, lunaire et carrément romantique qu'est Gaston Lagaffe.. :-)
La bande déssinée, malgré ce que peuvent en dire les pontes d"une éducation stricte et "équilibrée", est une des choses que je trouve parfaitement sanes et profondément nécessaires à l'épanouissement d'un enfant, voire peut-etre meme d'un adulte et je ne me lasserai jamais de défendre et d'encourager tous les iconoclastes personnages que sont Gaston, Achille Talon, l'agent 212, les héros des Tuniques Bleues, etc.. En bon tintinophile pratiquant que je suis.. :-)
J'écrirai davantage sur ce sujet dans les mois à venir..
31 mars 2009 dans Culture Generale, Divers, Livres | Lien permanent | Commentaires (0)
Alors que les Etats-Unis se lançaient dans la guerre contre Saddam Hussein en 2003, le géopolitologue néo-conservateur Robert Kagan publiait un livre intitulé La puissance et la faiblesse où il exposait sa conception des différences d'approches en matière internationale de la part des Etats-Unis et de l'Europe, et les relations compliquées entre ces deux poids qui en résultaient..
A l'heure où le pouvoir américain s'était converti à la doctrine néo-conservatrice, les positions plus pacifistes de pays européens importants comme la France ou l'Allemagne leur apparaissaient à juste titre pour le moins naïves; cette situation est, selon Robert Kagan, le resultat de deux visions differentes sur le monde.
Les Européens, heureux du succes de la construction européenne dans le sens où elle a permis d'empecher les guerres depuis une soixantaine d'années, souhaitent appliquer ce modele de discussions inter-étatiques dans la diplomatie pour régler les difficultés. Il en résulte un fort attachement aux décisions de l'ONU, à la diplomatie et aux négociations en general pour que l'issue soit trouvée par le biais de la raison et du dialogue. Les Américains par contre, sont plus "réalistes" en ne se faisant pas d'illusion sur les résultats que la méthode purement diplomatique permet d'obtenir. Pour traiter avec les démocraties, elle peut suffire, mais elle n'est pas pertinente pour faire face à des dictatures qui ne croient qu'au rapport de force...
Cette difference de vues a plusieurs origines.
La première est évidemment historique: les USA étaient à l'origine "idéalistes" en matière de politique internationale, un idéalisme appliqué par le president Woodrow Wilson lorsqu'il souhaita la création de la Société des Nations en 1919, quand les européens ne juraient que par le rapport de force entre eux, au cours de leurs nombreuses guerres. Mais après la deuxieme guerre mondiale, les positions s'echangerent: lassés par les guerres, les européens décdent de se lancer sérieusement dans le multilatéralisme pour les empecher. De leur coté, les Etats-Unis tiraient les conséquences de leur implication décisive dans la guerre en décidant de garder une armée forte pour pouvoir intervenir en cas de problème éventuel, alors que la guerre froide en était à son début..
Mais Robert Kagan propose également une autre explication, inversée par rapport à la précédente, expliquant le maintien de ces politiques internationales de part et d'autres: aujourd'hui, si les USA gardent une optique unilatéraliste et protectrice de ses interets vitaux, c'est parce qu'ils en ont les moyens.
L'ampleur de leur force militaire était au début de la décennie une grande source de satisfaction pour eux et cette puissance militaire était le fondement même de leur influence diplomatique, assurant à l'Amérique le respect, voire une certaine crainte. Ainsi, le renversement de Saddam Hussein devait, selon les néo-conservateurs, pousser les autres pays du Moyen Orient à se montrer plus calme dans l'anti-américanisme, et plus favorable aux à la paix dans la région; c'est pour cela que cet effort était censé participer à la guerre contre la terreur: l'instauration de la démocratie en Irak devait faire un effet domino sur les pays semblables, et des pays où regneraient la démocratie et les libertés seraient moins sensibles à l'islamisme.
Les européens, eux, ayant négligé leur budget militaire depuis des décennies, ne pourraient compter sur une dissuasion musclée. C'est justement ce manque qui les pousserait vers la diplomatie multilatérale, considérée par Robert Kagan comme l'arme des faibles.
Dans son livre, qui reste tout de même assez court, Robert Kagan développe donc cette différence sur la scène internationale entre une Amérique forte et une Europe faible, différence qui est à l'origine des incompréhensions..
Il n'hésite pas à reprendre la métaphore psychologique de John Gray, où l'Amérique vient de Mars, lorsque l'Europe vient de Vénus, avec ce que cela implique de différence entre le dieu de la guerre et la déesse de l'amour. Mais si en 2003 l'Amérique était confiante sur sa capacité à mener deux guerres en meme temps, elle ne s'attendait sûrement pas à ce qu'elles durent aussi longtemps.
L'analyse de Robert Kagan reste pertinente dans les descriptions des façons de penser d'un côté et de l'autre de l'Atlantique, mais elle montre aussi tout ce qui est négligé dans l'analyse détaillée de chaque situation particulière. En l'occurrence, la solution de remplacement à Saddam Hussein n'était pas encore prête en 2003, et les éventuels conflits inter-ethniques étaient sous-estimés, tout comme l'accueil un peu mitigé fait au libérateur américain en Irak d'ailleurs. Ce n'est pas faute que les géopolitologues de Washington ignoraient ces données..
Et c'est plutôt l'équilibre entre implication militaire et négociations diplomatiques qui est perçu comme la voie à appliquer désormais.
RL.
Pour acheter le lire, cliquez ici.
29 mars 2009 dans Livres, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0)
Et aujourd'hui, voici la pensée d'une soirée-roman:
L'alcool ne résout pas les problèmes... Le lait non plus.
Alors, à bon entendeur..
27 mars 2009 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)
Depuis la création de mon blog, force est de constater que les articles qui provoquent le plus de commentaires de la part des lecteurs réguliers ou occasionels sont toujours précisement ceux qui dénoncent les agissements vomitifs de celui que je considère comme le nouveau danger idéologique de la France: dieudonne, sans majuscule s'il vous plaît...
.. Des commentaires parfois haineux, souvent méchants et toujours vides d'arguments solides et convaincants.. Et puis aussi, de temps en temps, explicites dans le souhait que certains ont de me voir disparaitre de la surface de cette planète.. Si si!! Relisez-les, certains n'hésitent pas à souhaiter me voir mourir..
Alors quels seront les âpres déclarations qui seront faites apres que j'aurai villipendé la nouvelle lubie dieudonnesque puante??
L'ignoble a annoncé samedi, lors d'une conférence de presse dans son théâtre de la main d'or, qu'il fera campagne pour les élections européennes... En tant que "candidat antisioniste"... !!!
Appelant tous les "infréquentables" à le rejoindre (avec toute l'ambigüité que le terme infréquentable contient) pour se battre, je cite: "contre le système béké. On l'appelle comme ça en Guadeloupe. En France c'est le système sioniste, c'est exactement le même chose. Ce sont des esclavagistes et on est des esclaves. Il faut qu'on se libère."
Bref, des propos comme à son habitude: débiles et dénués de sens logique.. Il faut également noter que son "programme", si l'on peut appeller cela ainsi, est dénué de tout programme économique sur la crise et aucune proposition sur l'Europe.. Pour des élections européennes, c'est particulièrement moyen..
Cette obsession d'une soi-disante cause qui est tres loin d'etre le pire drame de la planète, cet ahurissant detournement sémantique pour dissimuler tant bien que mal son antisémitisme au moins aux yeux de la loi, cette volonté de s'afficher aux cotés des pires ordures de notre époque... Le Pen n'a pas suffi à reveiller les consciences de ceux qui me traitent de facistes et souhaitent ma mort, Faurisson non plus!! Mais de quoi ont-il besoin?? Qu'est-ce qui va leur ouvrir les yeux??
Dans le DVD à paraître de son dernier spectacle-meeting, un bonus propose un sketch en duo avec Robert Faurisson portant une kippa, un sketch qui m'a rien à voir avec ce qui s'est passé au Zénith de Paris en Décembre dernier.. Il ne s'agit plus là d'une simple provocation, mais d'une véritable complicité sur du long terme. Que chacun prenne ses responsabilités sur la réflexion qu'il faut en tirer..
Dieudonne est un immense acteur, et cela me dechire le coeur de voir un artiste particulierement brillant se perdre dans les méandres de la plus répugnante des idéologies: la detestation envers d'autres gens parce que ils appartiennent à un peuple qu'il persiste à considerer comme la cause des malheurs du monde... Quel gachis..
... Car si Dieudonne le comédien mérite une majuscule à son nom, dieudonne le penseur n'en mérite pas..
RL.
23 mars 2009 dans dieudonne | Lien permanent | Commentaires (40)
Formidable Isabelle Adjani!! Époustouflante dans la peau d'une prof de LEP au bord d'imploser d'exaspération et qui se retrouve, par un concours de circonstances totalement imprévisible, à prendre ses élèves en otage (Adjani a déjà reçu un Globe de cristal pour le film et moult ovations aux festivals de La Rochelle et de Berlin)…
Ce jour-là était pourtant un jour comme plein d'autres dans la vie de Sonia Bergerac, enfin pas tellement pire sinon qu'en plus de l'ordinaire, sa vie affective part en capilotade et lorsqu'elle se pointe en retard devant la porte de sa classe, elle est complètement à cran pour affronter la bande d'agités impertinents et pathétiques à qui elle doit enseigner des lettres françaises dont ils ont le refus de comprendre l'essentialité et l'importance…
Une salle de classe sinistre dans un collège gris d'une banlieue normale: ghetto où les profs ne savent pas idéologiquement se placer comme il faudrait tandis que le proviseur tangue entre les directives rectorales et la réalité qui part dans tous les sens..
Écartelés qu'ils sont entre la théorie et la pratique, le désinteret général des tenants de l'autorité nourrit le désordre, de même que le caractère malheureusement inadapté de l'enseignement lui-même. On est dans le dialogue de sourds et le refus de la culture de l'autre à tous les niveaux… alors Molière dans ce contexte là, c'est peu prometteur..
Il y a un grand garçon parmi les élèves qui se la joue plus que les autres, ramène sa fraise à tout propos… et c'est l'incident de trop: la prof tombe sur l'arme à feu qu'il cache dans son sac et, dans l'agitation et les invectives, elle se retrouve sans savoir trop comment avec le flingue au bout des doigts, à menacer les élèves, au bord de la crise de nerf, ne supportant plus ces perpétuels échanges chargés de rancoeur, de haine, de violence et d'irrespect..
Dans une improvisation sous tension, elle boucle la salle de classe, regroupe les élèves dans un coin, et commence un cours ahurissant, où vérités douloureuses et non-dits déferlent, obligeant chacun à revoir sa vision des choses, dans l'éventualité ou chez les élèves, cela puisse etre possible…
Dehors, ça commence à s'agiter serieusement: on croit dans un premier temps que l'auteur de la prise d'otages est un élève, on n'imagine pas une seconde que la prof, habituellement stressée mais relativement tranquille, puisse tenir en joue toute sa classe… Du côté de la police, GIGN, ministre, journalistes, profs… les conflits vont aussi bon train, impossible là encore d'établir une stratégie claire tant les gens sont embourbés dans leurs rivalités, leurs problèmes familiaux, leurs plans de carrière… l'histoire ne cesse de prendre de l'ampleur… Pendant ce temps la prof s'installe dans une situation de rupture, parfaitement consciente des difficultés des gamins mais refusant à juste titre toute complaisance: «l'école peut tout vous apporter, elle est votre seule chance. Sans la connaissance, vous n'êtes foutus…»
C'est drôle par moments, et on jubile sous l'effet ahurissant des situations, des réparties…
On voudrait que ça se termine bien, parce qu'on reçoit tres clairement l'exaspération de la prof d'autant qu'on ne comprend pas les élèves et combien il a fallu d'années d'aveuglement et d'indifférence pour ne pas voir que les politiques de la ville autant que celles de l'éducation conduisaient à une impasse où tout ce monde-là se retrouve piégé..
La Journée de la jupe n'a rien de consensuel ni d'angélique.. Le film est un cri d'alarme salutaire qui fait état de la situation de blocage extraordinaire, d'impasse sociale dans laquelle notre société se retrouve faute d'avoir su poser les problèmes au bon moment, d'avoir accepté de regarder les choses en face quand il aurait fallu… et maintenant il est grand temps d'ouvrir les yeux, de cesser cette indulgence innommable et infecte qui fait florette dans l'esprit des bien-pensants..
Les jeunes, issus de l'immigration ou non, sont tous potentiellement brillants et lumineux, plein de promesses.. Il faut juste et simplement avoir le courage de fermement le leur faire comprendre.. Et la complaisance n'est dorénavant plus une solution à envisager, à voir l'état desastreux du système scolaire aujourd'hui..
Un tres grand film, magique au niveau du message et du jeu des acteurs, qu'il est important de voir pour reflechir un peu differement..
RL.
22 mars 2009 dans Cinéma, Politique, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2)
.. Une petite mise à jour de la revue de blogs, en bas à gauche de cette page..
... Et avec des commentaires!! :-)
... Mais rassurez-vous, je vous ai épargné les blogs non-francophones.. Il s'agit de quelques exemples de mes visites quotidiennes, j'essaierai de mettre à jour de temps en temps..
En attendant la publication très prochaine de nouveaux articles, je vous souhaite une bonne lecture des blogs de mes autres amis.. :-)
RL.
09 février 2009 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)
La semaine qui commence aujourd'hui s'annonce tres chargée: Stage, séances d'enregistrement, ect..
Et elle commence vraiment tres bien!! En ouvrant les stores de la fenetre ce matin, la surprise est de taille car je constate que la neige est revenue, et cela a la particularité de jovialiser mon humeur.. :)
J'aime la neige.. Cette étendue de blanc qui recouvre tout éclaire mon âme et me fait oublier les soucis d'un quotidien difficile à gérer.. Il n'y a pas forcement que dans le cadre des sports d'hiver que la neige trouve une connotation joyeuse..
Noël est certes déjà passé, mais consolons-nous avec l'odeur et la couleur du plein air de cet inattendu lundi.. :-)
RL.
02 février 2009 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)
J'ai fait recemment connaissance avec les disques de ce duo californien composé de la bassiste et chanteuse Inara George, charmante abeille au look décalé, et de Greg Kurstin, oiseau multi-instrumentaliste aux allures de gentleman anglais..
The Bird And The Bee nous promènent avec douceur, élégance, humour et classe entre jazz, électro et pop easy listening..
Mais ce n'est réellement une nouveauté en soi: on a pu entendre courant 2006 Fucking Boyfriend, premier single ironique, médiatisé grâce à moult remix, puis un peu plus tard Again And Again, avant que le duo ne sorte début 2007 un premier album éponyme, concis, à la belle musicalité, signé sur le prestigieux label (c'est peu dire!!) Blue Note, gage inconstetable de qualité.
2008, le groupe sort un petit bijou de deuxième album intitulé Ray Guns Are Not Just The Future... Une émeraude auditive, malheureusement difficile à trouver.
La voix d'Inara a quelque chose de Björk quand elle la pousse dans les hauteurs.. La musique aussi, parfois, rappelle dans les beats et les sons électro la période Debut de la si troublante islandaise.. Même si parfois des titres ont des relents de piano-bar emphatique, l'ensemble reste tres harmonieux, délicat et tellement agréable à écouter.
Pour les âmes fragiles en quete de douceur mélancolique, je recommande violemment.. :)
RL.
Pour acheter le disque, cliquez ici.
22 janvier 2009 dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
La mauvaise nouvelle est tombée le 14 Janvier dernier.. Sur son site Web officiel, Pioneer Corp. Annonçait la mort définitive de son merveilleux format dont je suis un fervent adepte: le Laserdisc..
Le dernier titre sorti sur ce format date d'octobre 2001 sous la référence PILF-2869, il s'agissait du film Les Rivières Pourpres... Depuis, Pioneer gardait une chaîne de fabrication de lecteurs opérationnelle pour remplacer les lecteurs défectueux des passionnés encore très nombreux dans le monde entier..
Pioneer abandonne donc son support audio-vidéo star et révolutionnaire, c'est quelque chose de très triste.. Mais rendons hommage à ce format qui aura su initier beaucoup d'entre nous au monde du numérique, et au plaisir de sacraliser un film ou un concert en collectionnant ces objets précieux et magnifiques.
Le laserdisc était apparu pour la première fois en 1978 sous l'appellation « Discovision », puis trois ans plus tard « Videodisc », pour prendre sa version nominale définitive « Laserdisc » peu de temps après..
Le laserdisc a été le premier support vidéo à proposer des bandes-son DTS non compressées.. Le DVD lui-même n'en proposait que tres rarement.. Et tres peu savent également que le Laserdisc proposait aussi des disques en Haute Définition, 15 ans avant le blu-ray, sous l'appellation HDTV Muse..
Il faut souligner que aucun support vidéo n'aura duré autant que le Laserdisc (30 ans tout de même!!), ni la cassette VHS, et encore moins le DVD qui vient de laisser la place à son successeur.. Un joli record probablement inégalable..
Fort heureusement, le format continue de vivre d'une certaine manière grâce à un marché de l'occasion prolifique et à la passion de collectionneurs comme moi-même. :-)
RL.
Quelques liens à visiter:
-Laserdisc Database, soigneusement entretenu par mon ami Julien Wilk.
-L'annonce de l'arret de la production de lecteurs par Pioneer.
-L'article très complet sur Wikipedia.
-Une Database de tous les lecteurs depuis la création du support.
-Un site de vente de Laserdiscs.
-Un autre site de vente de Laserdiscs.
-Un site de vente de materiel et Laserdiscs rares.
17 janvier 2009 dans Médias, Web/Tech | Lien permanent | Commentaires (0)
19 Mars 1928 - 13 Janvier 2009...
Eternel Numéro 6 du Prisonnier...
"... I am not a number, I am a free man!!"
15 janvier 2009 dans Actualité, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
Ces mots proviennent du blog de Mohamed Sifaoui.. Je les publie ici, car ils auraient tout à fait pu être les miens..
J'observe les esprits s'enflammer de plus en plus durant cette guerre qui oppose Israël aux fanatiques du Hamas. Je comprends que l'émotion l'emporte sur la raison. Je le comprends d'autant plus lorsque je vois le traitement médiatique que réservent les chaînes arabes, et notamment Al-Jazira, à ce conflit. Mais cette situation, qui devient de plus en plus inquiétante, me pousse à poser un certain nombre de questions à ceux qui laissent libre court à leurs émotions dégoulinantes ou encore pire à la haine qu'ils n'arrivent plus à dissimuler. Où étaient tous ces musulmans qui ont tant de compassion pour les enfants de Gaza et pour les terroristes qui les ont conduits vers la guerre, ou étaient-ils, dis-je, quand Grozny était littéralement rasée par l'armée russe, cependant que les femmes tchétchènes étaient violées à ciel ouvert par les soldats de Poutine et lorsque les morts se comptaient quotidiennement par centaines ? Mais où étaient-ils bon sang de Bon Dieu ? Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient ces femmes voilées et les autres qui arborent fièrement aujourd'hui le keffieh palestinien ?
Ou étaient ces casseurs, ces jeunes fougueux et déchaînés, ces vielles dames qui s'exhibent aujourd'hui la larme à l'œil quand il fallait dénoncer les crimes, que dis-je, le génocide perpétré par le régime fasciste du soudanais Hassan Omar Al-Bashir contre des populations Darfouris, démunies, désarmées et sans défense. Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient-ils ? Personne ne leur a dit qu'un crime contre l'humanité se commettait, sous le ciel fanatisé du Soudan ? Où étaient ces jeunes et ces moins jeunes, tous ces promeneurs du samedi, lorsqu'avec SOS Racisme et Urgence Darfour et quelques autres associations, nous avions marché pour condamner le crime de l'État soudanais. Nous nous étions alors retrouvés à proximité de l'Ambassade du Soudan et nous étions tout au plus deux cents personnes. Les Tariq Ramadan, ses adeptes et leurs camarades avaient certainement des courses à faire ce jour-là. Je préfère croire cela, que de penser un instant que tous ces marcheurs du samedi ont plus de compassion pour l'enfant de Gaza que pour l'enfant du Darfour. Peut-être que le musulman qui obéit aux ordres et à l'idéologie du Hamas et défendable alors que le musulman tchétchène habitant Grozny, ne comprenant probablement rien à la chose politique, doit être liquidé dans l'indifférence collective par les hommes de Poutine.
Mais encore, ou étaient tous ces marcheurs du samedi lorsque les Algériens se faisaient découper en petits morceaux par les monstres du GIA et égorgés tels des moutons par les disciples d'Ali Benhadj ? Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient-ils ? Je me rappelle que certains accusaient alors les victimes algériennes d'être à la solde du régime en place donc légitimement « découpable » en morceaux. D'autres se disaient encore que peut-être le GIA n'était finalement que le fruit d'un complot, d'une manipulation, que l'islamisme ne tuait point, nulle part. D'ailleurs, beaucoup continuent de penser que l'islamisme est une doctrine sympathique qui ne ferait pas de mal à une mouche. Que tout ce terrorisme islamiste qui veut imposer son diktat est une création des « Juifs, des Américains et de beaucoup d'autres salauds ». Je crois même que c'est ce que pensent des politiques comme les très laïcs Besancenot, Buffet et Mélenchon. Sinon que font-ils en marchant aux côtés d'islamistes, de communautaristes, de tribalistes, d'antisémites et de pleurnichards professionnels. Parce que ce qui m'étonne aussi - et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je qualifie certains marcheurs du samedi de « pleurnichards professionnels » - ce qui m'étonne dis-je comment peut-on s'émouvoir lorsqu'est tué un enfant ayant telle religion et ne pas ressentir d'émotion lorsque un autre enfant ayant telle autre religion subi le même sort ? Pourquoi tous ces musulmans qui marchent aujourd'hui les yeux exorbités, la bave sur le menton, tous crocs dehors, n'ont-ils jamais voulu marcher au lendemain d'un attentat terroriste ? Pourquoi n'ont-ils pas marché lorsque des islamistes tuaient d'autres musulmans ? Pourquoi n'ont-ils pas marché après le 11 septembre, Madrid ou Londres ? Mais où étaient-ils lorsque les talibans exécutaient des femmes dans des stades ? Pourquoi, à chaque fois, que je les entends, c'est pour écouter leurs lamentations disant qu'ils appartiennent à une « religion opprimée » ? Pourquoi ne dénoncent-ils jamais, avec de telles marches, ceux qui oppriment au nom de cette même religion ? Pourquoi sont-ils plus virulents, plus haineux et, parfois, plus violents que les Palestiniens et les Jordaniens que je connais ? Pourquoi il y a si peu de dignité dans l'expression de leur émotion sincère ou supposée ? Mais que cache donc cette compassion sélective ? Que cache-t-elle ? Mettons les pieds dans le plat. Le conflit israélo-palestinien serait-il finalement un abcès de fixation qui est entretenu, et notamment par les pays musulmans, pour attiser toutes les haines ? Serait-ce l'appartenance religieuse de l'autre belligérant, Israël en l'occurrence, qui pose problème ? Serait-ce par antisémitisme ? Où serait-ce tout simplement un samedi après midi de défoulement utilisé tel un exutoire pour exprimer une malvie, des frustrations, pour s'élever contre une absence de libido ou que sais-je encore ?
Je vais révéler le fond de ma pensée. Je pense que plusieurs marcheurs du samedi défilent davantage contre Israël que pour la Palestine. Beaucoup d'entre eux ne marchent pas parce qu'ils adoreraient les Palestiniens, mais parce qu'ils ont une détestation idéologique pour tout ce qui est juif et pour tout ce qui a trait à Israël. Et je pense même - passez-moi l'expression - que la plupart n'ont rien à foutre des Palestiniens. Parce qu'en définitive si ces marcheurs du samedi étaient si humanistes que cela, je pense que je les aurais croisés dans des manifestations en faveur du Darfour ou des Tchétchènes, et dans celles organisées en signe de solidarité avec les victimes algériennes de l'islamisme et dans toutes les marches dénonçant le terrorisme des fascistes intégristes. Ils se seraient peut-être élevés contre la violence exercée par le Hamas, non pas contre les Israéliens, mais contre leurs propres frères du Fatah.
Rassurez-vous, je ne suis pas ravi de voir des civils mourir à Gaza. Cela me désole profondément, mais je ne veux pas que soit occultée la responsabilité du Hamas qui a créé les conditions de la guerre puisque tout en sachant qu'il ne ferait pas le poids militairement, il a provoqué cette guerre au mépris des vies humaines dont il avait la responsabilité tout ceci au nom de cette idéologie qui magnifie la mort et le martyre. Arrêtez alors de nous raconter une histoire à l'envers et révéler le fond de votre pensée que nous voyons d'ailleurs parfaitement dans les slogans que vous portez...À tous les promeneurs du samedi, bon dimanche...
14 janvier 2009 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1)
Peu de gens ont compté comme lui dans l'histoire de la production cinématographique française.. Claude Berri est mort aujourd'hui à l'age presque respectable de 74 ans..
Ce n'est pas Berri, mais Langmann.. Mais Langmann, c'est compliqué à retenir et ça fait un un peu trop juif dans une France gorgée d'antisémitisme post-nazie.. Alors il choisit le nom de sa mère, il rajoute un « R », et voilà Claude Berri.. C'est le fils Thomas, très bon acteur gâché et producteur à son tour, qui réhabilitera le nom de Langmann.
Né en 1931 dans une famille qui n'avait à priori aucun interet pour la scène, il renonce à reprendre l'activité de son père fourreur de métier pour rejoindre le monde des planches. Comme beaucoup à l'époque, c'est par le théâtre qu'il a commencé, puis des apparitions devant la camera, la production d'une pièce qui se traduit par un échec.
Quelques petits rôles et un court-métrage qui le fait sortir de l'ombre: Le Poulet, un oscar et une récompense à Venise à la clef. Le destin l'attend, Il s'appelle Claude Berri et qu'il le veuille ou non, le cinéma hexagonal va devoir faire avec..
Vient ensuite Le Vieil Homme et l'Enfant , son sublime premier long-métrage avec un Michel Simon plus tonitruant d'émotion que jamais. Claude se tourne ensuite vers son nombril, filme ses expériences, travaille que le matériau qu'il connaît le mieux: sa propre vie. Cela donnera entre autres Le Cinéma de Papa, Sex-Shop, ou encore Le Pistonné..
Puis les temps deviennent difficiles, il faut trouver des financements.. Alors Claude Berri monte sa boite et part dans tous les sens, entre humour et audace.
Il produit des comédies populaires (Inspecteur La Bavure, Banzaï, Didier...) et des films beaucoup plus ambitieux (Tess, Hôtel de France, La Graine et le Mulet...), il croit dur comme fer en ses projets quitte à couler l'entreprise.. Il signe des chèques pour Pedro Almodóvar et Jean-Jacques Annaud .. Les plus grands et les plus rentables passent sous son stylo: André Téchiné, Patrice Chéreau, Maurice Pialat... Et même les Inconnus..
Mais Berri sent rapidement que la camera lui manque, et la casquette de producteur a ses limites.. Alors en tant que réalisateur, aussi, il joue particulièrement l'audace en mettant en scène Coluche dans un rôle à contre-emploi.. Tchao Pantin..
Les films s'enchaînent et Berri inscrit son nom dans le cinéma populaire (Jean de Florette et Manon des Sources) et s'impose comme le parrain du cinéma français. Qu'il soit acteur, réalisateur ou producteur, il est toujours là, à un endroit différent, dans la grande machinerie d'un film.. Acteur, il joue des rôles insolites et décalés comme celui d'un éxhibitioniste névrosé dans Stan the Flasher...
Arrive ensuite l'aventure Asterix.. Il produira le premier, co-produira le deuxième avec son fils Thomas Langmann à qui il laissera le soin de se ridiculiser seul avec le troisième; Il préférera plutôt se concentrer sur une toute petite production d'une région qui n'intéresse personne en investissant quelques euros pour filmer le nord, ce sera son plus gros succès, le plus gros succès de toute l'histoire du cinéma français: Bienvenue chez les Ch'tis.
Claude Berri était un touche à tout.. Acteur, réalisateur, scénariste, producteur, il trouvait toujours son champ de vision trop étroit.. Alors en 2003, il prend la direction de la cinémathèque française qu'il abandonne en 2007 non sans oublier de partager son amour de l'art contemporain en créant l'espace Claude-Berri finalement ouvert à Paris en 2008; des toiles par centaines, une des plus grosses collections françaises..
Le parrain a réussi, avec difficulté parfois, et a gagné sa place de légende, mais aussi notre respect à tous..
Il est à l'origine de nombreux classiques du cinéma qui ont forgé nombre de vocations, dont la mienne.. Un grand homme de spectacle.. Un grand, tout simplement..
RL.
12 janvier 2009 dans Actualité, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)